‹ Philosophie du droitChapitre 22 sur 47 · HEGEL. 1 7Q · texte numérisé non relu

HEGEL. 1 7Q

du monde dans Tesprit humain. Et ne confondez pas cela avec les conditions cognitives de Kant qui refuse à l'homme une affirmation possible sur la réalité des choses. Schelling pense que Fîdéalisme naturel de l'homme lui fait conria*itre lès lois du monde ; mais ces lois n'en sont pas moins vraies parce que l'homme les interprète; leur ve'rité dérive au contraire des décrets mêmes et des formes de son intelligence. Il y a donc entre l'homme et la nature analogie, ou plutôt, tranchons le mot, il y a identité ; au fond il n'y a qu'une chose, le un qui se manifeste par la nature, par l'homme, par des attributs et par des idées; mais toutes ces manifestations diverses sont les effets gradués et nuancés d'une même cause j donc ils sont la même chose ; donc, quand nous parlons de la nature, c'est le miroir de * l'homme; donc, quand noxis parlons de l'homme, c'est \q critérium de la nature; donc sous la forme d'une perpétuelle analogie subsiste une irrécusable et intelligible identité. Schelling sort entièrement des voies de Spinosa pour s'accorder avec Platon. Comme l'Athénien, il cherche l'unité hors de la terre; mais où a-t-il mis sa base? Dans quelle région, sur quel sol appuiet-il son abstraction? Ce penseur y rêve encore en ce moment. ^

De même qu'il fut préoccupé de concilier le

iQo SCHILLING.

réalisme et l'idéalisme, de même il ne voulut sàcriâer ni la liberté k la nature, ni la nature à là liberté. Dans ses traités destinés à éclaircirl'idéa^ lisme de la doctrine de la science^, il établit lai nécessité de la vie dans la nature, qui est la manifestation de Tesprit loî-méme dans la matière organisée et vivante. L'esprit n'existe que dans la continuité de ses représentations^ et la vie dans la continuité de ses mouvemens internes. Au sein de la nature, l'homme subsiste par la liberté. Tout chez lui porte ce diviq caractère; son existence est une lutte de tous les înstans^ un danger tou-jours renaissant, dans lequel il se jette et dont il ne sort que par une impulsion qui lui est propre.

Si l'esprit n'existe véritablement que par la matière, la liberté morale n'aura aussi son véritable développement que dans la société et dans l'Ëtat. Sans s'occuper spécialement, comme Hegel, de philosophie sociale, Schelling a tiré lui-même les principales applications politiques de son système, en examinant le droit naturel de Fichte, et surtout dans un brillant ouvrage*, Forlesûn^

'* Afahandlutigeii zar ÈrlaateniDg des Idealismùs der Wisenschaftslehre. ,

* Nous avons surtout étudié cet ouvrage et le Traité Vber das H^esen der menslichen Freiheii. Ces deux Aorceaux, également précieux pour 1ë ^dd et pour la forme, Ukéritéfaient d^étrë traduits

HBGSL* l8l

^en ubèr die méthode des àcàdemischen Sodium (i8i3), où il a ^ revêtir des plus riches couleurs les idées les plus élémentaires de sa doctrine, qui dans ce petit chef-d'œuvre est presque entière* ment platonicienne. £n effets comme Platon, ii est plus préoccupé de l'état que de l'homme; il trouve la plus haute expression du drmt dans un organisme vivant qui régularise et constitue la liberté sociale, et dont l'homme individuel nW qu'une partie hiérarchique. La volonté abstraite devra disparaître devant l'Etat en politique , et devant l'Sglise en religion. Âu-^ela de ces conséquences immédiates, le philosophe allemand n'est pas heureux en s'aventurant à des applications positives. Ainsi le droit civil n'est à ses yeîïx qu'une eollection de cas particuliers, d*iespèces judiciaires, où la philosophie ne saurait pénétrer.

Mais quand on considère rinfluènée générale qu'a exercée la pensée dé Schelling^ on voit cet idéalisme réaliste qui glorifiait Bieu avec tant ^'enthousiasme danâ éte diverses manifestations.

danA AQtre langue et feraient Connaître Tesprit de cette ^létaphy- &iqu« de poète. On pourrait aussi y joindre des extraits des autres pkilosophische Schr^n, Je n'ai pu me procurer l'ouvrage intiti^ : Philftsojphie und fieligiçn ; il est entièrement 4puisé.

Depuis le temps où nous rédigions cette note» i^ous ayons \n ce dernier ourrage en Allemagne.

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