‹ Philosophie du droitChapitre 27 sur 47 · COM|X>RCET. DE MAISTRE · texte numérisé non relu

COM|X>RCET. DE MAISTRE

se livre à ^interprétation des symboles et des croyances pour leur réconcilier la foi du genre humain, il n'a peut-être pas d'égal dans cette puissance d'inonder le passé de lumière. Mais aussi quel ennemi de la raison I prenant le con-trepied de Descartes^ il la nie souvent et la dé^ grade toujours. La religion et la politique n'eiLÎstent pas dans la société par la pensée de rhomtne, mais par le fait de Dieu. La religion a un re*^ présentant qui ne saurait mourir, le pape, qui constitue le christianisme social, dépositaire de la loi, de la vérité, de la souveraineté et de l'infaillibilité. Au-dessous de lui régnent les rois, papes inférieurs pour ainsi dire de l'ordre politi^ que, convergeant vers le principe dont ils sont les conséquences et les vassaux; enfin les peu-^ pies, soumis à l'unité théocratique et à l'unité politique, vivent sous la bénédiction continuelle du divin vieillard que l'esprit de Dieu même a su choisir au Vatican. Eh bien ! cela est beau, car c'est idéaliser un spectacle qui a brillé quelques jours dans l'histoire; mais conclure du passé à l'éternilé et à la vérité, prophétiser dans des formes qui tombent l'avenir de la sociabilité humaine, c'est renoncer tou(|à*fait au génie phiioisophique. Si de Maistre a raison, l'esprit humain a tort tfepuis le xiii® siècle où Rome commence à être ^qrdement attaquée j le xv® et le xvi^ ne se

seront a^téa que dans de folles imaginations; Luther^ l'Angleterre, la révolution française, tout le monde aura tort. Voulez-Tous une nouvelle conséquence de cette politiqtie ? Toute constitution écrite est un non-sens^ et tout peuple qui revendique une charte^ un insensé, u i^ Aucune M constitution ne résulte d'une délibération ; les » droits des peuples ne sont jamais écrits, ou du » moins les actes constitutifs ou les lois fondât w mentales écrites ne sont jamais que des titres ^ déclaratoires de. droits antérieurs dont on né *) peut dire autre chose, sinon qu'ils existent^ )x parce qu'ils existent. !i° Dieu, n'ayant pas jugé » à propos d'employer dans ce genre desmoyens }} surnaturels^ circonscrit au moins l'action fau- X) maine, au point que^ dans la formation des con- » stitutions, les cir(x>nstances font tout, et que les » hommes ne sont que des circonstances. 3^ Les n droits des peuples proprement dits partent M assez ^souvent de la concession des souverains, H et dans ce cas il peut en conster historique^ M ment; mais les droits du souverain et de l'aris- » tocratie, du moins les droits essentiels^ constin tutife et radicaux, s'il est permis de s'exprimer

» ainsi, n'ont ni date, ni auteur 60 Plus on

«écrit, plus l'institution est faible; la raison » en est claire; les lois ne sont que des -déclara- » tions de droits, et les droits ne sont déclarés

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