‹ Philosophie du droitChapitre 44 sur 47 · É70DES · texte numérisé non relu

É70DES

celle dfô Dorîens. Dan» une intraduction, il recueille ce que l'on peut savoir de l'histoire exté* rieure des Étrusques; puis il divise sa vaste monographie en quatre livres : dans le premier, il traite de l'agriculture, de l'industrie et du commerce; dans le second, de la vie sociale et domestiqua,; dans le troisième, de leur religion et de leur divination ; dans le quatrième enfin, de l'art et de la science chez 1^ Étrusques. C'est ainsi qlic, venant après Bempster * et Lanzi ^, M. Otfried MûUer traite spécialement un sujet qui n'est qu'un épisode pour M. Creuzèr dans sa Symbolique, ainsi que pour M. Niebuhr dans son Histoire de Rome.

Quel fut précisément l'état politique des Etrusques, voilà, îl faut en convenir, ce qui nous a préoccupés surtout dans nos études de jurisprudence historique, et ce que nous avons principalement cherché dans l'ouvrage dé M. Otfried. Ainsi, les rapports de la religion avec le droit, la nature et l'originalité de cette aristocratie sacerdotale, la condition politique de la nation, voilà ce que nous BOUS attacherons à recueillir du livre et de l'érudition du célèbre professeur de Goettingue.

Les sources de l'histoire des Etrusques sont

* Etrurla regalis. 1723, Florence.

** Saggiodi lirtgua etrusca, et Maître antiche Italia^per senHre alla storia dépopuH^ délie lingue et délie arti. Rome, 1789.

*kO^ ÉTVTDES;

natiônale^^ fomames ou grecques. Quant aut livres ménie de cette aottque nation, soit cens qui contenaient les mystères et les doctrines de la divination^ etrusca disciplina, soit les annales historiques proprement dites dont parle Yarron^ qui doivent avoir été composées dans le sixième siècle de Tère romaine^, et n'étai^it peut^^ét^e pas restées pures de tout mdange de traditions grecques, tous sont perdus pour nous. L'empe^ reiir Claude, dans son histoire en vingt livres des Tyrrhéniens qu'il avait écrite en grec^ les avait pris pour base de son récit^ ainsi que le prouve le premier fragment de son discours sur le droit de cité des Gaulois**. Les Grecs commencèrent à connaître TEtrurie quand leur poésie épique brillait encore, et leur principale affaire'fut d'enve^ lopper les Etrusques dans le eerde de leulrs traditions et de leurs mythes; ce qui nous reste de

* M. Miel>alir fait remonter au tv^ siècle cette compositloir des hifltôires.-

** Gruter, Inscript, ^ page 502. M. Niebuhr, dans son Histoire romaine, argumente aussi de Ce passage çn le citant en partie. TOm* i, pag. 393) deuxième édit. Seimus Tullius,si nostros seqiHmury eap* tiva ¥iatus Oeresia ; si Tuscos, Cœli quondam Fivennn sodalisfi' delissimuSf omnisque ejus casus cornes : postquam varia for^ tuna exactus cum omnibus reiiquiis Cœliani exereitus Etruria excessif , montem Cœlium occupavit; et à duce suo Cœlio ita appellitatus ( scr, appellitavit), mutatoque nomine^ nam tusce MëStarna ci nomen erat, ita appellatus est ut dixi, et regnumsumma cum reipubiicœ utilitate obtinuit.

toiitealessource&grecqiies se trouve surtout ^s Diodore, Slarabon, Den¥$ d:Halîcani^93e> Athéiiée et PoUux le lexicographe. Pour le$f Romains^ en ce qui regarde l'histoire primitive, des peuples, .ilssoBt presque toujours sous le churme; et TiHr flueoee des traditions grecques : comme ils les avaient adoptées pour eux-mêmes, ils firent de même pour leurs voisins, spécialement pour les Ëtruisques* Aucun de leurs vieu;|^ historiens n'é* chappaà cette tournure des esprits à Rome,: pas même Caton si savant dans les origines italiques. Toutefois^ on ne saurait méconnaître que des écrivains comme Caton ;y Cincius et Varron, durent consulter les monumens de l'Ëtrurie, sôit directement, soit par des intermédiaires; car Yarron luimêi^e n'entendait pas l'étrusque.

C'est une curiosité bien naturelle qui nous pousse^ en abordant l'histoire d'un peuple, à nous informer de ses origines, de sa souche, de la place qu'il occupe dans la grande famille des races et des nations humaines. Mais ici il est malaisée satisfaire ce désir. Les fables et l'érudition se sont si souvent disputé le berceau des Etrusques par les traditions et les hypothèses les plus contraire, qu'il est presque impossible d'assigner avec quelque certitude le point d'où est parti ce peuple original. Tour à tour les Chananéens, les Phéniciens, les Celtes^ les Pélasges et les Grecs ont été

(inédôMé» 1^ k» wmiB îtaKeiis et IraB^i»

c<>«iiiiei«i anlTMrd des Etrusquw *. Nous ii'e:iposeroiid pas sur ce point lés excursions de M. Ot^ fried MûUar, qui d'ailleurs s'attache à constater surtout l'originalité de la langue et des mœurs des Etrusques r aufôi commence-t-il par des études de linguistique sur l'idiome des peuples iuliques, en particulîw sur celui des ZcxeXoc, qui, suivant une tr^itk>n fort accréditée dans l'antiquité^ vinrent d'Italie dans l'île à laquelle ils donnèrent leur nom, sur le latin, sur r€>sque, atair là langue ombrique, et init par conclure, avec Denys dllalicarnasse, que les Etrusques ne res^ si^mblent à aucun autre peuple d'Ilalie pour leur langue, leut^ moôur^ et l^urs institutions.

Le véritable nom dé ce peuple eût f^ztxevAtVLes Latins ^t tes Ombriens l'appelaient Tusci} les Grecs ne le connaissaient que sous le nom de Tyrrbétiiens. M. Otfried Minier examine corn* ment iis étendirent leur domination sfur i'Étruk rie, leiurs^ rapports et leurs guerres avec les peu-^ pie* voisiiis, comment ils détruisirent trois cents villes aux Ombriens, leurs luttes avec les Liguriens, leurs avantages sur Rome qu'ils eurent un moment en leur puissance **, et enfin leurs vie-'

*%9fm a«8si Un Qrfmistf traduit par M. Guigniant^ to^^ 2^ première part., page 296.

** Voyez Niebahr, tom^ 1 , 2* édit» La guerre de Porsenna, p. ô65»

ÉTVBfES. 355

t|||ÉM suceeMvcs tt h trknBfkit déûmûi des Romains, qui^ par l-étoblisseiiient <dea colonies Bûtilitaités^ minèrent le» villes ei les habilans, si biéû que Properoé eut raison d'écrire a la kmai^ étAagùstB: ,

SvergMqoe focos antiqoj» gestisetrnsoe ^

Qa ne sait ri^n de bien clair et de certain sur leur domination dans la haute Italie. Ils y jeter rent un éclat vif, mais court **. Ils envoyèrent aussi des colonies dans la Campanie et dans les îles. Hors de. l'Italie, nous ignorons si, paruû les peuples qui les touchèrent en quelque chose^ ils eurent affaire aux Phéniciens ; au reste, dans leur civilisation, on ne saisit aucune trace de ce peuple oriental. Mais les Carthaginois furent un temps l^irs ennemis; les deux peuples combattirent pour la possession de la Sardaigne, puis se réunirent coptre un ennemi commun, les Phocéens,^ et paraissent depuis avoir vécu en bonne intellii gence; de façon que, par une sorte de conventipa, tacite, la Sardaigne resta à Cartbage, et la Corsé aux Étrusques. L'opulente et puissante Corinthe fut aussi bien connue des toscans, et dut Avpir

^ Lit. it, âésie f .

** ItoftÈ MiMtre des GûuioU^ p*r M. Amédée Thierry, um, i* pa«.51,etc.

356 ÉTO0ES.

avec Tarquinii des rapports de commerce ; la4li|^ dition sur Démarate en est la preuve.

La nature et la fertilité du terroir de Toscane, ses produits, le parti qu'on en tirait pour l'usage de la vie, le négoce et lecommerce des Étrusques^ leur monnaie, leur richesse pécuniaire occupent le premier livre de la monographie de M, Otfried MûUer. Nous arrivons sur-le-champ au second livre, où il traite de la vie politique et domestique.

Il estdifficile de connaître hettement l'intérieur de Tétat et de la famille dans l'antique Étrurie/ Les livres religieux et rituels de la nation ( rituales Etruscorum Ubri) sont perdus; ils contenaient» suivant Festus ^^ les rites et les Usages suivant lesquels on fondait les Villes^ on consa-* ^ait les autels et les temples, ce qui faisait la sainteté des murs, la solennité de la porte ; comment se divisaient les tribus, les curies, les centu* ries; comment se formaient et s'organisaient les armées^ et les autres choses de ce genre, qui tou*chaient à la paix et à la guerre. Nous n'avons

* Noua atons sous les yeux l'édition Dacier. Voyez page 450« Rituales nominantur Etruscorum Ubri in quitus perscriptum est, quo ritu condantur urbes, arœ, œdes sacrentur^ qua sanctitate nmrif quo jure portœ, quo modo tribus^ curiœ, centuries^ distribuantur^ exercitus constiiuantur, ordinenturfCœteraque e/usmodi ad bellum, ad pacem pertinentia.

ÉtÙBES. 357

cjù€î quel(}ues rensetgnemens fournis par les Grecs et les Romains, qiii ne s'arrêtent fenvent qu'aux rapports les plus extérieurs. Les Romsuns, dans les récits qu'ils font de leurs guerres, parlent souvent de la fédération générale des douze* villes étrusques. M. Otfrted MûUer, après une discussion qu'il faut comparer avec celle de M. Nie-^ buhr*, au lieu des douze villes dont on parle partout, croit pouvoir en compter dix-sept,' savoir: Cortone, Peruse, Arretium, Volsinii, Tarrf quinii, Clusiuni, Volaterre, Ruselle, Vetuloniùm, Pise, Fesule, Veïes, Cere, Falere, Aurinia ou Ce-r leira, Voici et Salpinum. Quoi quïl en soit, dans cette confédération, qui n'est pas sans analogie^ a^ec celles des villes grecques, surtoi;it dans FAsié-Mineure, les différens éta t^ g ardaient lem: indépendance ;Tarquinii a pu d^pierun instant dans le second siècle de Rome ; mais Volsinii et Glu^ium secouèrent vivement la suprématie de cette ville rivale, qu'ils finirent par renverser. Le lien politique qui unissait ces différentes cités élafit fort léger; la grande affaire, c'étaient les sor lennités religieuses. Le peuple toscan se rassenvblait tous les ans au printemps, auprès du temple

* Tom. if pag. 119-124* — Dempster et GluTier, cités par M. Otfried, ne comptent aussi que douze TiHes, comme M. Niebuhr^ mais les noms sont diffSérens.

35S irupi^.

de Vollumna ; les TîUes élisaieut un grapd*»pré|r« pour toute la fédération ) les sacrifices se terpaî'naieiit paf des jeux : comme enGrèce ^t eu Orieuti ity arait des marchés pendant ces fêtes nationales» Les réunions étaient annuelles ; cependant, dan$ les circonstances urgentes, quelques villes pr^"^ naient rinitiative pour cpnvoquer suMe-^bamp tme assemblée générale. Les réunions solennç^^s se composaient incontestablement du peuple en^ ti w ; inais Târistocratie seule y délibérait sur s^ affaires; aussi ces assemblées sont-elles souvent nommées par Tite-Live, principvm conçiH^- lo^ M. Otfried .Millier se trouve, sans le dire, eq dissentiment complet avec M. Niebufar, car ç^ dernier ne peut consentir à reconnaître chez l^g Étrusques des aage mblées nationales; il pense qo^ c'étaient les ff/fcipes seuls qui non-seulement délibéraient sur les affaire, mais même seréunis*saient, et que les conférences d'une aristocratie sacerdotale et guerrière n'ont aucune analogie avec les assemblées des Latins et des Saiitinites '^• Nous inclinons à cette dernière opinion, qui nous semble plus conforme à l'esprit des institutions étrusques. Les formes de la fédération semblçQt avoir survécu quelque temps à la prospérité nationale; et, sous la domination romaine, on en

* Tom. I, pag.;i24.

rencontre ^core qiielqqe^ traces toujours sous les ao^pice^ 4e U religion.

. C'est grand dpminage, pour la cpi^naissance ultime de rhistpire 4e Rome» que nous sachions si peu de choses sur les rapports politiques et ci-» vils des peuples de l'Italie^ surtout des Etrusques* L'Étrurie dut avoir, comme Rome, des colonies et des iminicipes^ qui se rattachaient aux cités souveraines de la fédératiçp. Tqute ville qui s'administrait elle-même avait à sa tête une arîstorcratie, que les Romains désignaient ordinairement par le nopi àe principes. C'étaient çux qui seuls avaient la conduite des affaires; ils formaient une noblesse de race dont chaque membre s'appelait lucumo^hes Romains ficent à tort de /^^ cumo ujfi nom propre; Denys d'Halicarnasse tomba dans la même erreur- Lucumo était la dé* sigpation générale des nobles étrusques. Ainsi le savant Varron nous dit que Romulus demanda secours aux Lucumons, c'est-à-dire aux Etrusques.

Les familles nobles pouvaient seules prétendre aux grandes dignités, surtout à la dignité royale, qui probablement n'était pas héréditaire, et dont l'exercice devait se trouver fort restreint par la surveillance jalouse de l'aristocratie dont en réalité les rois étrusques n'étaient que les

36o ÉtVDES.

che&'^^Tïédnmoins cette dignité royale, restreinte par le» sublimes viri et par le sénat, était en! honneur en Étrurie; les écrivains romains en parlent souvent. Denys d'Halicarnasse pense que les insignes des magistrats romains furent empruntés des rois étrusques; on sait que le lars Porsenna est appelé par les historiens roi de Glusium, quelquefois aussi roi de rÉtrurie entière ; on peut présumer qu'il commandait l'armée générale de la fédération. . ' L'aristocratie étrusque aimait la pompe et là magnificence dans les insignes et le costume; différente en cela des Grecs, et surtout des rois de Lacédémone. Rome l'a imitée. Les licteurs, les apparitores^ la chaire curule d'ivoire, la toge prétexte, la pompe du triomphe, le diadème d'or (etrusca corona\ et d'autres insignes furent empruntés à l'Éti*urie par les Romains, qui portaient dans l'imifation une persévérance originale. Mais, dans la pensée des peuples italiques, cette magnificence extérieure avait quelque chose de symbolique et rapprochait les hommes des dieux :

* 11 y a donc peu de vérité dans ces vers de Voltaire :

EspUyet de leurs rois^ et même de Jeurc prétrct. Les Toscane semblent nës pour servir sous des mtttres, 1^\^ de leur chaîne antique adorateurs heureux, Voudraient que l'univers Mt esclave comme eux.

( BlDTVf . )

l^TUPBS. 36 1

ainsi^ils revêtaient le général victorieux du cos* tume de Jupiter optùnus maximus; c'est dans le même esprit que le triomphateur se frottait le visage et le corps de minium; de cette façon, il ressemblait à l'image de Jupiter, qu'on adorait au C^pitole *. Il est sensible que l'aristocratie étrusque se liait intimement au sacerdoce; les magistrats durent avoir ïimperium que nous trouvons chez les Romains, et qui resta étranger à la plupart des magistratures grecques. I^ sénat était composé de Lucumons. Qu'il y eût un peuple libre, bien que soumis à cette aristocratie, mais sans servitude personnelle^ nul doute; mais nous ignorons la nature et le nombre de ses droits. On peut conjecturer que les habitans de l'Étrurie se partageaient, en plusieurs classes^ comme cela se vit en Grèce et dans les établissemens grecs de ritalie; ainsi, à Rome, le peuple romain se divisait, comme Ta nettement établi M. Niebuhr, en patriciens, cliens et plébéiens. A Rome encore, le client et le patron infidèles à leurs engagemens réciproques étaient voués aux dieux infernaux; cette idée religieuse et politique dut être em-r pruntée de l'Étrurie. Denys raconte que, dans

• * Wine, cité par M. Otfried Mliller : Enumerai auctores Verrius qùihus credere sit necesse Joyis ipsius simulacri faciem diebus fesiis minio ilUni solitum, triumphantumque corpora. Sic Ca^ miHum triumphasse^ etc.

36a iroBiBS.

l'année 274 de Bjonie^ Taris tocnitie étrusque, poiir iouteiiir la guerre de Yéies^ rassemhia, oonane aes serfe, Tmdmxç, et en forma une armée ecmsi^ dérabie* On peut se représenter les. nobles comme de grands propriétaires Icmciers qui armaient leurs paysans; A coup sûr il y eut contre cette aristocratie des émotions populaires^ car les Élections des villes grecque ne restènrat pas étran«« ^res à ritaKe,

Ici, M. Ot£riedMûIler.TOfiidrait tirer de l'antique Cûostitutfon romaine quelques inductions poiKr ke institutions de l'Étrurie* II. ne doute pas qu'il n'y eût cbez le peuple étrusque une division parallèle aux trois tribus primitives des.Romains, Kamnenses^ Titi&isesy Luceres^, ou la n>eme oiv gaoisatioir de curies, et croit pouvoir étabUrqtie Rome dès son b^ceau l'avait emprantée i l'Ëtrîir rie. Les innovations successivement teiit^ dans la constitution romaine, notamment pir Servius TuUus, paraissent aussi à M. Otfried MuUer a^r du se reproduire chez les Etrusques.

Nous ignorons. entièrement quels étaient les rapports civils, le droit privé et l'administration de la justice de ce peuple *. Ici encore, M. Otfried

. * M* Micali (cbap. 21, du Gotwern^nunf H4e$ hois cis4le$ d4$ un" ci^^ ItalitM) reconnatt qiiQ^ par U perte 4es livres d'ArUtote et de Tbéophraste, il est împosçlble 4e savoir quelque cbose de pesitif sur le gouverBeme&t civil des Toscans* licite, œnune M* Ot-

irvmsB. 563

Millier penae que te droit romain petit fournir dei aitalagies exactes. Seulement il est constant que la llimne jouissait dans la famille d'une considération véritable^ le nom de lanière se trouve aussi souvent que celui du père dans les inscriptions sépulcrales : ajoutez que les femmes nobles étoient admises à la connaissance de la divination ; on sait les prophéties de Tanaquii. L'aîné de la famille avait probablement des privilèges; il en était le prince, et la représentait dans le sénat: on peut croire que le nom de iar ou lars lui était affecté, et que le mot aruiu désignait au contraire les fils plus jeunes des familles patriciennes. La religion domine la civilisation étrusque : die y était une science et un art, et se liait inti^ mmnent à la. pratique des affaires pui^iiqiies et privées. Entre les mains d'une aristocratie sacer* dotale, où se perpétuaient des traditions à la fois théologiqnes et scientifiques^, la divination prit chez les Etrusques un empire et un essor qui ne se retrouvent dans l'histoire d'aucun peuple. Rome leur empnmta toute la discipline de sa religion,

fried MfiUer, ce paséage d'Héraclidè de Pont : ôVav 9i nç 6(pstXiûv Xf^'fAÀ iioo^i^&,ic«poucoXou6ouotv.ol ircn^ic ëxS^rtç xtvèv 6uXft)uov tic ^cmav : <}uaiid un débiteur n'acquittait .pas aa dette, il était suiTÎ d'une foule d'enfana qui agitaient une bourse yide pour lui faire honte.

* Voy« M. Creuaer, tom. ii, première partie, page 404.

et il y eut entre elle et TEtnirie un véritable cotti-< merce de pratiques et de recettes religieuses/ Nous ne suivrons pas M. Otfried MûUer éans son' exposition de la divination. et de la religion des: Etrusques qu'il est curieux de. comparer avec M. Creuzer.

Nous signalerons seulement ce fait important pour le droit |*omain, c'est que la discipline au^gurale de Rome se distinguait en plusieurs points: de celle de l'Etrurie. Romulus, qui le premier prit les auspices, avait été élevé à Gabie suivant la tradition; et, dans la pensée des Romains, les auspices, qui jouent un si grand rôle dans le droit public et privé, avaient une origine latine et non pas étrusque. Toutefois, M. Otfried Millier ren marque que Gabie, où la tradition veut que Ro-^ mulus ait passé sa jeunesse, n'était pas étranger à la civilisation étrusque; et sans nier les inter-^ médiaires et les différences, il considère toujours lïtrurîe comme l'école des superstitions savantes de Rome. »

Résumons rapidement les traits principaux de la civilisation politique des Etrusques.

Une confédération de douze ou dix-sept villes indépendantes ayant sous leur domination des Villes inférieures;

Une constitution aristocratique;

Un sénat;

lÊTUDES. 365

Une aristocratie sacerdotale que Popinion des peuples croit en commerce avec les dieux dont cfUe les . rapproche beaucoup ; . Un amas de superstitions et de disciplines religieuses^ qui se confond avec le droit public et presque toujours le constitue; ' Un peu^ soumis, libre de sa personne, mais vivant dslpies liens d'upe sorte de hiérarchie féodale. ,

Nous ne savons rien de positif sur le droit civii^ sur l'administration de la justice.

Quelle que soit l'origine des Etrusques, l'originalité de leur ci\îiisation est incontestable; mais comme ils n'avaient pas l'esprit exclusif de l'Egypte^ ils reçurent de plusieurs peuples, notamment des Grecs, de sensibles influences* L'his* toire de l'art le prouve suffisamment.

. Eux-mêmes exercèrent sur lesRomains un grand Qtnpire par leurs institutions. La religion et le patriciat de Rome sont inexplicables sans l'Etr urie. - Toutefois nous ne pouvons nous empêcher de faire une remarque. M.Niebuhr, dans son chapitre sur les Etrusques, en réfutant une opinion de Denys dllalicarnasse, demande si l'historien romain^ que suivait dans son récit l'écrivain grec, n'a pas reporté sur les institutions de l'Etrurie les idées que lui suggéraient la curie et la commune romaines. On pourrait demander aussi à

366 liruDEs*

M. Otfried Mûller si parfois il n'est pas tombé dans le même inconvénient^ et n'a pas conclu des Romains aux Etrusques. Lui-même avoue d'aii^ leurs que tel a été en plusieurs endroits son procédé. Mais n'y a-»t-il pas une sorte de pétition de principes à chercher dauslesinstitutions romaines le reflet et la preuve de celles de l^Etri^^, puisque précisément il s'agit de j^voirjusqu^^el point ces deux peuples se ressemblent, et de constater où est Timitation, où est l'originalité? An reste, c'était l'inévitable écueil du sujet; car la perte des histoires originales^ l'ignorance où l'on est de la langue étrusque, condamnent l'historien et le philologue à ne connaître l'Etrurie qu'à travers la littérature grecque et romaine. Il n'est donc pi» étonnant si la monographie de M. Otfried Mûller sur les Etrusques est loin d'être aussi fé^ conde en résultats que ses admirables recherches sur les Doriens, dont l'étude est si utile pour là connaissance véritable de tout ce qui en Grèce n'est pas athénien^ et particulièrement de la con*stitution de Lacédémone.

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