DD CONSENTEMENT
logique, la convention est parfaite do jour où l'acceptation a été manifestée; mais, utilement parlant, et pour éviter toute difficulté, la loi fera bien de statuer que le pollicitant pourra se rétracter valablement, tant que l'acceptation ne lui aura pas été notifiée \
On voit aussi, par ce qui précède, que l'acceptation ne peut se faire que du vivant dn promettant : car une fois mort, il n'y a plus en lui de volonté qui puisse être acceptée. On ne contracte qu'avec les vivant», et non pas avec les morts. Cependant, si (acceptation avait eu lieu avant son décès, comme la convention aurait été formée en principe, la notification pourrait n'être faite qu'à ses héritiers9.
Mais le cas de pollicitation acceptée après intervalle, n'est qu'un cas exceptionnel dans les contrats, qui, régulièrement, se forment par un échange actuel de volonté libre, sincère, éclairée, exempte, en un mot, de tous les vices dont nous parlerons bientôt
Le consentement est le concours de deux ou de plusieurs volontés sur un même objet, dans l'intention de créer une obligation. Peu importent les voies par lesquelles ce consentement sera manifesté: il suffit qu'il le soit de manière à ce que les con-
* C'est ce que décide le Code civil (art. 932) par rapport aux donations entre-vifs.
9 Ce que je dis ici de la mort doit aussi ^entendre de la folie constatée, qpi empêche de supposer la continuation de la volonté.
tractants ne puissent s'y méprendre. Il pourra être déclaré par la parole, moyen le plus naturel qui ait été donné à l'homme pour faire connattre sa volonté; il pourra l'être par l'écriture, ce qui a lieu dans la plupart des conventions commerciales formées par correspondance; il pourra l'être, enfin, par des signes ou par des actes, quoique ce moyen soit le plus imparfait de tous, puisque la volonté ne s'induit alors que tacitement ou par conjecture. Néanmoins il se forme journellement beaucoup de conventions de cette espèce. Vous entrez chez un boulanger, et, en prenant un pain sur le comptoir, vous mettez deux sous à la place : c'est un contrat de vente aussi parfait que possible , bien qu'il n'y ait pas eu de parole prononcée. Il en est de même quand vous montez dans un omnibus sans mot dire: vous faites avec le conducteur un louage tacite de transport.
Mais il ne faut pas confondre le consentement trèsréel de ces conventions tacites avec les conventions feintes, dont les jurisconsultes avaient fait un système à une certaine époque. On prétendait tout expliquer par les conventions feintes, notamment les quasicontrats. Nous avons déjà fait remarquer qu'il n'est jamais utile de recourir à des fictions : car la vérité doit s'expliquer par ce qui est, et non point par ce qui n'est pas.
Il faut se garder, du reste, d'une fausse idée trop répandue chez les praticiens, qui consiste à confondre la validité d'une convention avec sa preuve,