DU CONTRAT D'ASS CÏIÀHCB
rances contre la perte des procès ou contre l'insolvabilité des débiteurs ne pourront jamais réussir que difficilement.
Un dernier progrès reste à faire : il consisterait à rendre le contrat d'assurance obligatoire pour tous les citoyens vis-à-vis du gouvernement, qui percevrait la prime sous la forme d'un impôt. Alors une vaste solidarité relierait entre elles toutes les parties du territoire. Les grasses récoltes de l'Alsace ou de la Beauce répondraient au berger des Pyrénées de la mortalité de son troupeau. Les profits de l'armateur aideraient le propriétaire à relever sa maison incendiée. On ne verrait plus, comme aujourd'hui, les chances du recrutement porter le deuil au hasard dans les familles 5 mais celles qui fourniraient leur tribut en hommes recevraient des autres une indemnité en argent. L'orage qui ruine un canton crèverait alors sur toute la France, et le mal n'aurait, pour ainsi dire, plus de prise sur l'union compacte des intérêts.
Il est au contraire d'autres dangers auxquels la société ne pourra jamais porter remède. Ainsi, quoiqu'on Tait proposé, il ne sera jamais politique de rendre le Trésor responsable du dommage causé à des particuliers par un crime. Ce serait encourager les délits contre la propriété privée, que de donner à entendre que c'est contre l'Etat qu'on les commet; ce serait d'ailleurs éteindre dans l'homme l'esprit de prévoyance qu'il déploie pour défendre ses intérêts.