DES CHOSES QUI PEUVENT *TRE PROUVÉES
qu'alors la preuve revenait an demandeur, obligé de démontrer que la donation ou le testament étaient nuls.
Mais il n')r a là qu'un pur jeu de mots; et c'est, en réalité, comme si l'on avouait que la preuve est à la charge du défendeur. Supposons, en effet, que ce défendeur, qui allègue l'existence de la servitude, se soit lui-même porté demandeur, cas auquel la preuve serait à sa charge selon le droit commun : que devrait-il faire alors pour justifier de son droit? Exhiber le testament ou l'acte de donation sur lesquels il se fonde. Et son adversaire? Faire valoir ses moyens de nullité contre le titre produit. Or c'est précisément ce qui se passera dans l'hypothèse du fait négatif articulé par le demandeur.
Je crois donc qu'il faut s'en tenir à l'ancienne doctrine , d'après laquelle les faits négatifs ne tombent pas en preuve, pourvu qu'on n'entende cela que des faits négatifs purs, et non pas de toute affirmation qui se produirait sous forme négative 1.