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DU MARIAGE

Le christianisme ne crut pouvoir régénérer cette institution que par le dogme de son indissolubilite.il lui imprima le caractère de sacrement, pour l'élever au-dessus de la sphère des transactions privées que règle la seule commodité des parties. Nouveau progrès d'égalité pour la femme, qui a toujours le plus h perdre en changeant de liens! Mais la religion chrétienne eut de la peine à faire accepter ce dogme, que repoussaient les habitudes des peuples. La lutte dura des siècles entre les souverains pontifes et les rois j elle fut souvent marquée par des négociations et des concessions réciproques, jusqu'à ce qu'enfin la doctrine de l'Eglise fut définitivement fixée par le concile de Trente, en faveur de l'indissolubilité absolue»

C'est ainsi que les idées marchèrent depuis les anciens jusqu'à nos jours, en consacrant toujours de plus en plus la protection de la femme contre la puissance du plus fort, et en s'élevant du point de vue purement matériel à des rapports moraux que nos pères n'avaient pas devinés.

Du Mariage au point de vue philosophique.

En laissant de côté les traditions, et en n'envisageant le mariage que d'après les lumières de la pure raison, que doit- il être? Et d'abord , est -il possible de trouver dans la nature de l'homme quelque chose

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qui démontre la nécessité du mariage , comme distinct de l'union fortuite des seies?

A cette question , que des philosophes ont avoué ne pas pouvoir résoudre, il est facile de répondre que l'état de promiscuité où vivent les bétes serait pour l'homme un état de guerre continuelle; que les pères ne pourraient y connaître leurs enfants; que ce serait la destruction de la famille; que la croissance de notre espèce est lente, que les enfants y ont besoin pendant longtemps d'une protection que leur mère seule ne pourrait leur accorder; qu'enfin l'obligation morale d'assister la mère pendant sa grossesse et après l'accouchement, emporte pour le père Tidée d'une association durable avec elle. C'est par là que le mariage est de droit naturel , c'est-à-dire qu'il devrait exister même indépendamment des lois positives*

Il y a plus : le mariage ne repose pas seulement sur les devoirs des époux envers leur descendance.

Tout le monde convient que si l'homme est porté à l'union des sexes par un penchant naturel, cet acte est dégradant pour sa nature, lorsqu'il le satisfait à la manière des bètes. De là vient que le nom en est réputé déshonnète chez tous les peuples. Ce qui rend cet acte avilissant, c'est de n'y chercher qu'une pure satisfaction des sens; ce qui l'ennoblit, au contraire, c'est l'idée de l'amour moral, qui réunit les âmes plus encore qu'il ne réunit les corps. On ne comprend point le mariage sans cet amour durable qui confond la personne des époux; qui se cimente par

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