‹ Philosophie du droit, ou, Cours d'introduction à la science du droitChapitre 28 sur 236 · DU MARIAGE · texte numérisé non relu

DU MARIAGE

les joies de famille, par les malheurs même éprouvés en commun ; qui leur fait trouver un appui l'un dans l'autre pour résister aux coups du sort 5 qui les associe en toute chose, dans l'éducation de leurs en* fants, dans le labeur de chaque jour; dans les infirmités de la vieillesse, dans cette vie de famille enfin, si nécessaire à l'homme, précisément parce qu'il est homme, c'est-à-dire parce qu'il pense au lendemain et sent peser sur lui le poids de l'avenir.

Le mariage est donc une association de l'homme et de la femme pour perpétuer leur espèce; c'est par là qu'il se rapproche des unions des animaux. Mais c'est de plus une association pour élever leurs enfants et pour s'aider mutuellement à supporter les charges de la vie; c'est par là qu'il s'approprie à la nature raisonnable de l'homme.

De là il est possible de déduire toutes les conditions que cette union devra présenter :

1° Le consentement libre des époux. — Car sans cela le mariage ne leur garantirait pas l'avenir de concorde et de bonheur qu'ils doivent en attendre.

2° La faculté d'engendrer* — Le mariage a deux buts essentiels : la procréation des enfants et l'assistance mutuelle des époux. Il faut que ces deux buts aient pu être atteints ab initio pour que le mariage existe. Mais s'il a existé, il n'en faut pas conclure que la perte de la faculté d'engendrer en opérera la dissolution : car il subsiste alors pour le second but, qui n'est pas moins essentiel.

3° Egalité de droit entre les époux. — Le droit de la

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force pourrait seul assigner à la femme une position inférieure, incompatible avec l'idée d'amour que le mariage présuppose. Cependant nous n'entendons point proscrire une autorité maritale exercée dans les limites de la raison, puisque dans toute association il faut un chef, et qu'il est juste que ce chef soit celui qui est le plus à même de la protéger.

H° Perpétuité intentionnelle de V union. — On ne concevrait pas que les époux puissent se marier pour trois ans ou pour six ans : car l'amour, qui doit être supposé le motif de leur union, ne peut pas comporter la prévision de sa fin. D'ailleurs, un pareil marché serait toujours lésionnairepour la femme, qui ne se retirerait pas de l'association avec les avantages de jeunesse et de beauté qu'elle y aurait apportés. Cependant tout ce qui suit de là , c'est qu'il serait contradictoire que les époux déclarassent s'unir pour un temps donné; il ne s'ensuit pas, comme nous le dirons ailleurs, qu'ils ne puissent pas plus tard résoudre leur contrat d'un commun accord.

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