DES OBLIGATIONS RÉSULTAIT! DU MARIAGE
viol n'aurait aucune obligation à remplir vis-à-vis de son enfant, qu'elle n'a pas concouru volontairement à mettre au monde. La nature, dans tous les cas, serait plus sage que les philosophes, en ne pas subordonnant l'instinct de la piété maternelle à des distinctions scolastiques.
La toute-prévoyance de Dieu ne s'en est pas rapportée à la logique de l'homme, de l'accomplissement d'un devoir auquel est attachée la conservation de l'espèce humaine. Elle a déposé dans son cœur l'instinct si vif de l'amour paternel, qui lui est commun avec les animaux inintelligents.
Toutefois, chez les animaux il n'y a qu'instinct; chez l'homme il y a instinct et obligation, parce qu'il est doué de la raison, et que sa raison lui impose d'accomplir ce sans quoi l'ordre de la nature serait troublé.
Les parents sont donc tenus, non-seulement à donner à leurs enfants les soins matériels du premier âge, mais encore à leur donner l'éducation morale, propre à en faire d'honnêtes gens , et à les mettre à même de se procurer des moyens d'existence dans la société.
Mais, ce devoir étant rempli, peut-on dire qu'ils sont tenus à leur prester des aliments? Peut- on dire que cette obligation est réciproque, d'après le seul droit de la nature? La raison arrive difficilement à cette conclusion : car pour les parents, de quel droit les obligerait-on à nourrir un fils valide et paresseux? Et pour les enfants, on peut, il est vrai, citer le devoir de la reconnaissance; mais la reconnaissance est
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une chose de morale, et non un principe de droit Personne n'est obligé en général par les bienfaits qu'il reçoit, surtout lorsque ces bienfaits eux-mêmes ne sont que l'accomplissement d'un devoir.
Toutefois, si la loi se bornait à déclarer les secours obligatoires lorsque celui qui les réclame est dans l'impossibilité de subvenir à ses besoins, par infirmités, par l'âge ou autrement, on ne pourrait qu'applaudir à sa disposition, propre à entretenir l'esprit de famille. Des secours accordés volontairement auraient eu le caractère humiliant d'une aumône, au lieu que, déclarés obligatoires, le créancier peut les recevoir sans faire le sacrifice de sa dignité.