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DE LA POLYGAMIE

supposé dans le mariage, est un sentiment exclusif. De quel droit le mari , qui exige le sacrifice complet de la personnalité de sa femme, ne lui offre-t-il que le quart ou le dixième d'un mari? De là les rivalités des harems, que le système de l'esclavage lui-même est impuissant à comprimer. Autant de familles d'enfants qu'il y a d'épouses, autant de partis que de familles; et ces divisions domestiques, qui fermentent en secret, finissent d'ordinaire par l'assassinat.

2° Manque de Femmes pour tous. — Les riches prendraient toutes les femmes, ou du moins toutes celles qui auraient quelque attrait. Et si Ton objecte que dans l'Orient il y en a pour tout le monde, il faut remarquer que c'est par le commerce des esclaves que le marché s'approvisionne : nouveau fléau qui suit l'autre de nécessité.

3° Réclusion des Femmes. — Point de harem, point de polygamie» Il faut à un maître inquiet des ver* rous et des gardiens. Et encore quels gardiens! Mesrour, chef des eunuques noirs, devient le favori du califp de Bagdad. Ainsi, la sensualité de l'homme entraîne la mutilation des esclaves, et la dégradation du maître par ceux-ci.

*° Annihilation de V Influence des Femmes. — La polygamie, qui fait de la femme une servante stupide, peut être conforme à la doctrine des mollahs, qui refusent une âme à la portion féminine du genre humain. Mais elle sera condamnée par tous ceux qui croient à l'heureuse influence de la femme sur les mœurs, qu'elle adoucit; sur les manières, qui lui

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doivent leur élégance. Elle est l'élément harmonique qui tempère les passions en fusion dans la société. Peut-être lui devons-nous la supériorité de notre civilisation sur celle de l'Orient, où Ton remarque tant de froide cruauté et d'indifférence pour le sang.

Telles sont les diverses considérations sociales qui assurent la supériorité au régime de la monogamie. Je n'ajoute plus qu'un mot sur une autre combinaison du mariage qui serait l'union d'une femme avec plusieurs maris (polyandrie). Cette espèce de mariage, où les enfants ne pourraient connaître leur père, serait la destruction de la famille. Elle apparaît à l'esprit comme si informe et si an ti naturelle, que Ton ne sait s'il faut croire aux récits de quelques voyageurs qui attestent l'avoir vu pratiquer *.

De quelques Questions relatives au Mariage.

Nous réunirons ici quelques questions relatives au mariage, qui n'ont pas pu trouver place dans les chapitres précédents.

i Les matrones romaines n'en jugeaient pas ainsi , s'il est permis de regarder autrement que comme une plaisanterie le récit d'Aulugelle k propos du jeune Papirius, qui, pressé par

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