‹ Philosophie du droit, ou, Cours d'introduction à la science du droitChapitre 39 sur 236 · DE QCBLQUES QUESTIONS BELAT1VES AU MARIAGE · texte numérisé non relu

DE QCBLQUES QUESTIONS BELAT1VES AU MARIAGE

ficier de l'état civil à se transporter à son domicile pour y célébrer provisoirement le mariage, avec cette condition, que le mariage sera nul et non avenu si le décès ne s'ensuit pas dans un délai déterminé?

Si la Loi doit autoriser des Mariages à temps.

« Dans la façon commune de penser, dit quelque part Bentham, l'idée de vertu est associée avec ce contrat quand il est d'une durée indéfinie, et l'idée de vice quand il est limité pour le temps. Les législateurs ont suivi cette opinion : défense de faire un tel contrat pour un an, permis de le faire pour toute la vie. La même action, criminelle dans le premier cas, sera innocente dans l'autre. Que dire de cette différence? La durée de l'engagement peut-elle changer du blanc au noir l'acte qui en est l'effet1? »

Bentham, il est vrai, ne propose pas le mariage à temps comme quelque chose de bon en soi; mais comme un expédient propre à diminuer le nombre des concubinages. Mais cet expédient ne serait luimême qu'un concubinage d'une autre sorte. Le mariage ne doit se supposer que comme inspiré par un attachement désintéressé. Or, on ne comprend pas que deux personnes qui s'allient par amour ne veuillent s'allier que pour un certain temps. Quand

* Traité de Législation, t. u, p. 265.

je loue une maison, je puis prévoir qu'elle sera incommode ou que j'en trouverai plus tard une plus agréable 5 mais quand je prends une femme, ce calcul serait immoral.

Le mariage à temps serait surtout un contrat légionnaire pour la femme, qui ne se retirerait pas de l'association sur le pied de légalité avec son mari. Celui-ci trouverait à se marier encore, tandis qu'elle devrait languir délaissée, après avoir usé sa jeunesse avec lui. La loi doit protéger la faiblesse et l'imprévoyance ; elle doit songer aussi au sort des enfants, dont l'avenir serait triste, au milieu de cette succession de concubinages de leurs pères et mères.

On se marie pour avoir une famille et pour l'élever; longue perspective ouverte aux époux. S'ils n'ont pas le cœur perverti par l'égoïsme, ils doivent prévoir que la vie commune, que tant de douleurs et de plaisirs partagés, formeront entre eux , et d'eux à leurs enfants, mille liens dont il serait impie de préméditer la destruction. Quoi de plus 'contraire à la constitution paisible de la famille que la position de deux époux qui, à peine unis, ne chercheraient qu'à se séparer et à se faire-chacun à. part soi la meilleure condition possible!

L'association conjugale ne peut être honorable et honorée, elle ne répond à son but, celui de fonder la famille, que sous la condition de la perpétuité.

Mais tout ce qui résulte de là , il faut le remarquer, c'est que le mariage ne pourra pas se contracter pour un certain temps, in mente contrahentium. 11 ne s'ensuit

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