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DB QUELQUES QUESTIONS RELATIVES AU MARIAGE

pas que, si l'union devient malheureuse, les époux ne pourront pas la résoudre. Quand on vend une propriété, on la vend pour toujours, et cependant les parties peuvent résilier le contrat plus* tard, si les circonstances l'exigent. C'est du reste la question du divorce, qui sera traitée plus bas.

S IV

Si le Mariage est un Contrat civil, ou religieux.

Beaucoup de personnes pensent que le mariage doit être considéré comme contrat religieux, et qu'il serait bon d'en remettre la célébration entre les mains de Pautorité ecclésiastique, ainsi que cela se pratique dans la plupart des pays de l'Europe. Lors des négociations du concordat qui nous régit, ce fut même l'un des points sur lesquels la cour de Rome appuya avec le plus d'insistance.

Cependant, si l'on veut réfléchir, on se convaincra qu'il n'y a rien de religieux dans le mariage aux yeux de la pure raison législative. Le mariage est un contrat y et le contrat est un concours de deux volontés. Or, un concours de volontés n'est pas religieux par lui-même; et le but de ce concours de volontés, qui est de vivre en commun et de procréer des enfants, ne saurait lui conférer un pareil caractère.

Il n'y a rien assurément que de louable dans la pensée d'appeler les bénédictions du ciel sur l'union qui contient l'avenir des époux et celui de toute une

famille* Cette bénédiction est un acte religieux; mais elle est tout aussi distincte du mariage que la bénédiction des drapeaux d'un régiment est distincte des batailles que ce régiment doit livrer.

Le mariage est donc un contrat purement civil dans son essence, comme la vente, quoique plus solennel, parce que l'intérêt y est plus grand. Le législateur a le droit de le régler à sa guise, conformément à l'utilité et à la justice. Il pourrait sans doute, comme c'est l'usage général, en confier la célébration aux ministres dû culte, ce qui ne serait autre chose que de déposer dans leurs mains les fonctions d'officiers de l'état civil. Reste à savoir si cette organisation présenterait des avantages.

Théoriquement, elle aurait ce vice, qu'un homme qui ne professerait aucun culte, ou qui en professerait un non reconnu par l'Etat, ne saurait devant qui se marier, quoiqu'il soit libre de n'avoir aucune religion , légalement parlant.

Elle aurait encore cet autre vice, de multiplier les registres de l'état civil , puisqu'il en faudrait a a tant qu'il y aurait de religions autorisées dans l'Etat, et par là d'en rendre la surveillance plus difficile, la tenue moins régulière, et d'en diminuer l'authenticité.

Enfin, pratiquement, elle aurait pour effet inévitable de soumettre les citoyens à des exigences que la religion est libre d'imposer comme condition de ses bénédictions, mais dont il serait injuste de faire dépendre la conclusion d'un acte purement civil sous le point de vue de ses effets juridiques.

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