REFUTATION DES SYSTEMES SOCIALISTES
autres, et qui leur survivra. Les parents ont le droit d'aimer et d'élever leurs enfants; ceux-ci ont le droit de n'être pas séparés d'eux. Cette association est la plus sainte ; elle tient de Dieu même, et non des philosophes, le pouvoir de rester unie, de travailler en commun, d'acquérir des biens et de les posséder. Quand l'Etat se forme par l'agglomération de plusieurs de ces familles, il acquiert nécessairement un certain pouvoir- pour entretenir la paix entre elles; mais c'est à la condition de les respecter et de respecter avec elles tout ce qui est nécessaire à leur existence, c'est-à-dire, en première ligne, les rapports des personnes et la propriété.
Une théorie funeste, fille de la philosophie de l'utilité, persuade à trop de personnes que le législateur, dans sa toute-puissance , peut décréter toute mesure conforme à l'intérêt du plus grand nombre : faux point de départ d'où découlent tant de projets de réforme qui ne respectent rien , qui brisent tous les obstacles , qui froissent toutes les convictions, en vue d'une utilité très-mal entendue. Mais quand cette utilité serait aussi réelle quelle est contestable, il y a des choses que le législateur n'a pas le droit de toucher, même pour obtenir le plus grand avantage matériel* De ce nombre sont les rapports de famille et tout ce qui tient & la morale*
C'est surtout par le côté moral que pèchent les nouvelles combinaisons humanitaires. Ceux qui les ont proposées n'ont envisagé qu'une chose, le bien-
être matériel. Ils ont été souvent inspirés sans doute par un sentiment de sympathie pour leurs semblables, dont ils ont vu la partie la plus nombreuse en proie à la misère. Ils ont cru dès lors permis de tout tenter et de tout sacrifier pour que l'humanité fût mieux vêtue > mieux chauffée et mieux nourrie. Mais si l'homme a besoin de pain sur cette terre, n'a t-il donc besoin que de cela? En manque-t-il absolument dans notre organisation sociale? Et s'il en manque quelquefois, est-ce à la famille et à la propriété qu'en est la faute? Ou n'est-ce pas plutôt à l'homme lui-même, à son imprévoyance, à ses vices, à l'excès peut-être de l'industrialisme et de la civilisation? Serait-on plus heureux* dans le pêle-mêle d'un phalanstère, s'il n'y avait plus ni propriété ni mariage ? Le monde qui ne reposerait pas sur ces deux arcs -boutants, ne tomberait-il pas en dissolution? C'est ce qui reste maintenant à examiner.
Réfutation par Us Faits*
Rien n'est facile comme de s'engager dans les vastes perspectives de là science sociale. L'esprit s'élève alors à des [hauteurs de conceptions où les obstacles disparaissent, où les objections retombent impuissantes sur elles-mêmes, où des combinaisons magnifiques se développent dans le vide, sans limites comme Sans point d'appui* Alors s'engage entre la