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CHAPITRE XII

RXLATIONS d'autorité ENTRE LES ÉPOUX.

Soit que l’on considère la tradition de Moïse comme point de départ de toutes celles qui se sont perpétuées dans l’Orient, soit que l’on ne voie dans la Genèse que le récit synthétique des diverses croyances antérieurement éparses dans le monde, toujours est-il qu’elle consacre l’autorité de l’homme sur la femme. Jésus-Christ, lui-même, ne proclama pas strictement l’égalité des sexes, quoiqu’elle fût ouvertement admise par les saducéens. Cette dernière école était, comme on le sait, éclairée de quelques rayons de la philosophie grecque. Tant que le christianisme a subi l’influencede la loi biblique, l’esclavage de la femme a été un point de doctrine. Au moyen âge, les théologiens ont agité la question de savoir si elle avait une âme. C’est à l’enseignement des vieilles ikoles philosophiques de la

Grèce que le christianisme doit d’être entré dans une voie de modération, de jour en jour plus grande, vis- ,à-vis du sexe opprimé. La philosophie moderne achèvera ce que l’ancienne a commencé ; elle instituera légalement l’harmonie conjugale, c’est-à-dire l’égalité des sexes, tout en réservant à chacun les attributions fonctionnelles que la nature lui a départies.

Il faut dans toute famille, comme dans toute société, un pouvoir régulateur ; sans ce pouvoir, l’ordre et l’harmonie sont impossibles. Si chacun des époux veut agir selon sa volonté et n’écouter que son caprice, il n’y a plus d’équilibre, et partant plus d’accord.

Or, qui des deux époux doit cornu ander? sera-ce l’homme? sera-ce la femme? Ni l’un ni l’autre ; mais ce doit être la raison seule. Cependant, il faut le dire, lorsqu’il y a divergence, conflit d’opinions, c’est à la femme à céder plutôt qu’à l’homme, parce que la femme est d’un caractère plus doux, plus malléable, plus timide; parce qu’elle doit se faire aimer par sa soumission et sa faiblesse, et non par la force ou l’opiniâtreté. Ce n’est pas à dire pour cela qu’elle doive se soumettre en esclave aux volontés d’un mari despote ; loin de nous cette injurieuse pensée. Mais la femme, se reconnaissant d’une organisation plus faible que celle de l’homme, ne doit pas opposer la force à la force ; ses grâces, sa douceur, son obéissance

môme, sont des moyens beaucoup pTus sfirs pour vaincre la résistance de l’homme.

Un fait se vérifie tous les jours dans les mariages, c’est que le plus faible finit ordinairement par devenir le plus fort. Quel mari peut résister aux entrai' nantes minauderies de sa femme? Quel être brutal resterait insensible aux tendres prières de sa compagne? Trouverait-on beaucoup de sages à l’épreuve des séductions de la beauté gracieuse, éplorée? Hercule fila aux pieds d’Oraphale, et Socrate s’endormit délicieusement sur les genoux d’Aspasie.

Par un contraste assez singulier, la femme qui, sortant de sa nature, veut régner autrement que par la douceur, ne se fait presque jamais obéir. Lor.squ’elle crie : Je veux! elle reçoit : non, pour réponse ; tandis que, bien au contraire, une soumission accompagnée de quelques caresses est un ordre supérieur auquel l’homme ne résiste presque jamais. Les femmes ne devraient jamais oublier cet axiome ; Une femme sans douceur est une fleur sans parfum, un fruit sans saveur. La nature a mis les deux sexes dans une dépendance mutuelle ; elle a voulu faire de la femme la compagne do l’homme et non son esclave ; elle a voulu que l’homme fût l’ami, le soutien do la femme et non son tyran ; que l’un fût l’instrument du bonheur de l’autre, et réciproquement. En un mot, pour que la paix, l’estime et le bonheur régnent dans la famille, il faut que l’épouse soit sou-

mise au mari, lorsque celui-ci est soumis à la rai ■ son.

L’homme personnifie la force et le travail ; la femme personnifie les grâces et l’amour.

L’homme est la tête de l’humanité, la femme en est le cœur.

L’homme est le soutien de la jeune famille, la femme en est la fleur et le parfum.

L’homme travaille pour nourrir la famille, la femme l’élève, et, mère vigilante, l’entoure de son incessante sollicitude.

L’homme réfléchit, calcule avant d’aimer; son amour est souvent égoïste ; la femme aime, et aime toujours d’un amour désintéressé. Et, lorsque la vio est amère à l’homme, lorsque son cœur est abreuvé de fiel et son front chargé de soucis, quand la force l’abandonne, la femme, sublime alors, le soutient de son courage et se dévoue pour lui.

Enfin, la femme est le rayon d’espoir, le reflet soyeux qui dore l’existence de l’homme ; car, sans elle, point d’amour et partant point de bonheur. Aux deux pôles de la vie on la rencontre toujours guidant les premiers pas de l’enfant et soutenant la marche chancelante du vieillard; ce qui a fait dire à Bernardin de Saint-Pierre : « Il semble que la nature ait répandu la femme entre les hommes pour fortifier les extrémités de la chaîne sociale, l’enfance et la vi eillesse. »

DÜ GOUVERNEMENT DOMESTIQUE.

Le gouvernement des affaires domestiques est le triomphe de la femme vertueuse, de la bonne mère; c’est là que son intelligence et sa sagacité brillent dans tout leur éclat. L’homme, par son activité plus grande, plus soutenue, est appelé à agir au dehors; l’instinct de la femme la porte à l’ordre intérieur et à tous les besoins de la famille. Si l’œil de l’homme embrasse un plus vaste horizon, celui de la femme sait mieux discerner de près, et aperçoit mieux les détails. La vigilance d’une mère sur tout ce qui concerne le bonheur du mari et des enfants, doit être incessante. Relativement aux affaires intérieures, '"'^dre et l’économie sont des qualités nécessaires, même aux personnes opulentes. Une maîtresse de maison doit entrer dans les plus petits détails, parce que ces détails, répétés tous les jours, sont de la plus haute importance.

Les occupations et les devoirs de la famille arrachent la mère aux passions frivoles, à la dissipation, la rendent chère à son époux et utile à ses enfants. Elle devient un précieux exemple pour ses filles qui doivent être de bonne heure associées à ses travaux ; et une fille qui a concouru à faire régner l’ordre et l’harmonie dans la maison paternelle, les fera régner

par la suite dans la maison de son mari. C’est ainsi que se forme la race des femmes économes, prudentes et sages.

La douceur qui caractérise le gouvernement de la femme doit s’étendre sur tous ceux à qui elle commande. Les domestiques doivent toujours être traités avec ménagement, parce qu’ils sont susceptibles d’attachement et de reconnaissance ; trop de sévérité les aigrit, les rebute et les indispose contre les maîtres. La femme doit donc les diriger doucement, s’intéresser à leur sort, veiller à leur moralité ; car, faisant partie de la famille, il importe qu’ils ne soient ni malheureux ni vicieux.

Qu’on n’aille pas croire que tous les détails auxquels une maîtresse de maison donne son temps puissent nuire à la beauté de son esprit et de son caractère. C’est tout le contraire: la satisfaction qui naît d’un devoir bien rempli la rend gaie, heureuse, et lui donne la conscience de sa valeur. C’est du désœuvrement, de l’oisiveté, de la paresse et de l’ennui qui les accompagne que naissent les caractères difficiles, la mauvaise humeur, les fantaisies, les caprices et tous ces défauts qui font tant de tort aux femmes dans l’esprit des homm

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