ENTRE LES DEUX EPOUX
Semblable au rayon de lumière qui réveille la nature endormie, de même l’esprit donne la vie et l'expression à la physionomie, vous fait connaître les trésors du cœur et de l’âme. L’esprit rehausse la beauté et la remplace lorsqu’elle fait défaut; il répand un charme inexprimable sur l’existence; nonseulement il double nos plaisirs, mais encore il sait adoucir et calmer nos chagrins.
La beauté est une fleur éphémère,
Qui naît avec l’aurore et meurt avec le jour.
L'esprit, au contraire :
rtare toute la vie et cutretieut l’auiour
C’est pour cela que les femmes doivent sans cesse cultiver leur esprit, afin d’être heureuses et de rendra leurs maris heureux.
Une femme spirituelle fait le bonheur de ceux qui î’écoutent; pour peu qu’elle soit aimable et gracieuse, on s’empresse autour d’elle, on ne peut la quitter* serait-elle laide, on finit par la trouver jolie et l’adorer. Avec un esprit cultivé, la femme ne vieillit jamais, on la recherche toujours. Un poète a dit avec raison :
Si l’on retrouve en vous les talents, les vertus,
L’amitié tous les jours ajoute à vos conquêtes.
Et l’on vous aime encore, malgré l’âge où vous êtes,
Tout comme on vous aimait à l’âge qui n’est plus.
O Esprit 1 source intarissable de plaisirs, qui oserait méconnaître ton empire?... C’est toi qui faisais disparaître les difformités d’Ésope et de Claramus ; c’est toi qui lias au bra» de Cratès, le plus laid des hommes, la savante Hyparchie, la plus belle des femmes ; c’est toi qui enchaînas aux pieds d’Aspasie et de Laïs les plus grands hommes de la Grèce, parce que l’esprit uni à la beauté est la perfection humaine, et que la perfection commande aux hommes l’amour et l’admiration.
Vous le voyez, ô femmes 1 l’esprit est un précieux talisman à la recherche duquel on doit se mettre d*
bon 10 heure. Les femmes qui le possèdent sont les Rei les du monde.
L’Esprit, cette éminente faculté que le ciel a départie à la pluralité des femmes françaises, les fait rechercher de tous les hommes pour le charme de leur commerce. Il suffit de feuilleter les pages de notre histoire pour se convaincre de l’empire qu’elles exercent, autant par leur esprit que par leurs grâces et leur beauté. Notre littérature s’est enrichie de leurs œuvres et souvent les sommets arides de la science se sont aplanis sous les pas de nos illustres contemporaines. Que peuvent opposer les nations les plus civilisées du monde à l’esprit de de Sévigné et de son aimable fille ; au génie de de Staël et de George Sand, dont la gloire a fait pâlir celle de nos illustrations modernes ! Les charmantes poésies de E. de Girardin,Tastu, Desbordes-Valmore, Colet, Ségalas, etc., etc.; les esquisses historiques de M“® d’Abrantès, les romans de M“® d’Ash, tout, jusqu’aux articles émanés do plumes féminines qui pétillent d’esprit, dans les revues et journaux de modes, prouvent que les femmes ont droit à une bonne part de cette couronnle ittéraire dont la Franco s’enorgueillit à juste titre.
Si nous avions un conseil à donner aux dames sur la direction de leur esprit, nous leur dirions de so préserver soigneusement de tout pédantisme , do toute alîéleric. Si Molière a poursuivi de ses sarcas-
mes rhôtel Rambouillet, si lord Byron a décoché ses épigrammes sur les femmes auteurs de la brumeuse Albion, c’est qu’on devient toujours ridicule quand on s’éloigne trop de la nature. Il ne s’agit pas de se former un esprit comme on se forme une bibliothèque, et de lancer par-ci par-là, avec plus ou moins d’à-propos, quelques phrases réputées spirituelles : il faut s’instruire solidement, c’est-à-dire apprendre des choses utiles et ne point perdre son temps à des lectures frivoles. Le moyen de plaire et de plaire longtemps, est de se faire un fonds d’idées qui soutiennent l’esprit. L’imagination étant la faculté dominante de l’esprit féminin, on doit en modérer l’élan chez les jeunes personnes et exercer leur jugement, car du jugement le bon sens découle, et le bon sens est le flambeau qui éclaire tout le cercle dans lequel se meut l’intelligence de l'individu. Chamfort a dit : «La femme qui s’estime plus pour les qualités de son âme que pour sa beauté , est supérieure à son sexe. — Celle qui s’estime plus pour sa beauté que pour son esprit est de son sexe. — Mais celle qui no s’estime que pour sa naissance ou son rang est audessous de son sexe. »
La Beautiî! A ce mot, le cœur palpite et les yeux s’apprêtent à l’admiration. C’est qu’en effet la beauté étend sur tous les ^tres son doux empire; elle triomphe des plus aus.j'es, enflamme les plus indifférents, ramollit les plus durs, range également sous sa loi et
le sage et le fou, le puissant et le faible. Lespoëtesfon» descendre la beauté des deux et l’ont divinisée; de toutes les qualités de l’être c’est la plus éclatante, ' mais, aussi, la plus fragile. La beauté reçut en tout temps et chez tous les peuples un culte d’hommages et d’adorations, car elle fait naître l’amour, et l’amour est le maître du monde.
A la vue des charmes de la beauté, le sage oublie sa sagesse ; le cœur indifférent, sa froideur ; l’être le plus féroce s’amollit et le plus orgueilleux s’humilie. Que devint le terrible Achille, aux rives du Scamandre, en apercevant Polyxène, et le grand Condé ne tomba-t-il point aux genoux de Ninon de Lenclosl
La beauté physique est donc une éminente qualité, surtout pour la jeunesse, qui poétise l’objet adoré.
Mais vous, que la nature en a privées, ô femmes I consolez-vous ; l’art peut, jusqu’à un certain point, réparer ses torts. Ouvrez V Hygiène de la Beauté (1), et vous trouverez dans ce précieux ouvrage des moyens simples, mais efficaces, pour redresser les lignes disgracieuses de votre corps, pour vous donner
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des formes, faire disparaître vos imperiections , e» opérer une si agréable métamorphose, que vous en sourirez d’aise en consultant votre miroir.