‹ Philosophie du mariage (faisant suite à l'hygiène du mariage)Chapitre 20 sur 34 · SECTION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIÈRE

DE L’AMOÜ».

L’amour inspiré par la vertu, dit M"*® de Staëi, ennoblit l’âme, développe l’esprit, perfectionne le caractère, garantit des écarts et des excès qui pourraient compromettre et altérer la force et la santé; il exerce son pouvoir comme une influence bienfaisante et non comme un feu destructeur.

L’amour est le mobile de toutes choses : nous parlons ici de cet amour tendre, honnête, que le cœurinspire et que la raison dirige, de cet amour tranquille qu’on prendrait pour de l’amitié, et non de cet amour fougueux, enfanté par l’ardeur des sens, qui disparaît aussitôt que les désirs sont satisfaits.

Le véritable amour est le plus chaste elle plus solide des liens ; sa flamme épure les instincts et développe les sentiments. Le cœur vraiment épris ne se laisse pas emporter par les sens ; il les guide et prévient leurs égarements. Cet amour, toujours timide et modeste, loin de surprendre ou d’arracher les faveurs, ne cherche qu’à les mériter. Dans le silence le mystère se cachent ses plus doux transports ; il i corde tout aux désirs sans alarmer la pudeur ; la décence et l’honnêteté l’accompagnent , même au sein de la volupté.

La crainte ou le remords ne sauraient troubler la félicité de deux époux vertueux; ils jouissent des plaisirs qui leur sont permis et peuvent parler de vertu sans rougir ; enfin , pour l’homme comme pour la femme, l’amour conjugal, épuré par la chasteté, soutenu par la progéniture, procure un bonheur aussi doux que durable, et prémunit contre les amertumes de la vie.

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