DB LA. SYMPATHIE
Heureux, mille fois heureux deux époux unis par une sympathie réciproque.
Encore un mot sur cette force instinctive qu’on nomme sympathie.
Aucun philosophe n’a encore pu soumettre les sympathies à une rigoureuse analyse. Nous savons seulement que c’est l’attraction d’un être vers l’autre; non parce qu’il est le plus beau, le plus aimable, le meilleur, mais parce qu’il plaît, parce qu’une force inconnue nous pousse vers lui.
Que la sympathie ait sa source dans les sens, le cœur ou l’esprit, ses effets sont toujours les mêmes, c’est-à-dire qu’on se sent attiré vers l’objet sympathique. — Il est des hommes qui n’aiment que les femmes de haute taille, tandis que d’autres préfèrent de petites femmes. Ceux-ci, comme les Orientaux, n’estiment que les femmes grasses, corpulentes; ceux-là, comme les Anglais, ne veulent que des femmes maigres, élancées. Enfin, il en est qui s’éprennent pour un défaut, un vice physique. J. -J. Rousseau avouait son penchant pour les femmes à figures sévères ; l’illustre Descartes eut, toute sa vie, un fai-
-ble pour les femmes louches. Chez ces deux grands hommes, la sympathie provenait des impressions de l’enfance.
La mode entre aussi pour quelque chose dans la sympathie : il fut un temps où l’on adorait les gros ventres ; quelques années après, ce fut le tour des ventres plats. Il n’y a pas longtemps que les dames françaises se passionnaient pour l’homme au teint blême, aux joues creuses, aux regards mélancoliques et presque éteints. Les hommes, en revanche, brûlaient d’amour pourlesfemmes émaciées, phthisiques et ayant un pied dans la tombe (1).
Dans les mariages sympathiques, tout ce qu’il y a de bon, d’affectueux, d’aimant et de généreux dans les deux êtres, est associé, et de cette association résulte l’estime et le bonheur. Formé par de semblables sentiments, le lien qui unit l’homme à la femme ne fait que se resserrer plus étroitement dans l’avenir, et, lorque l’un des époux devient infirme ou malheureux, il reçoit l’appui, les secours et les consolations de son conjoint. Celte assistance réciproque est comme un rayon de soleil qui réchauffe la vieillesse, alors que la vie est devenue froide et glacée.
(1) Voyez de très-curieux détails à ce sujet dans l’ouvrage intitulé : 3Io(tes et parures chez tes diverses nations du globe et en particulier chez les Français.