CHAPITRE XVI
MOYEN DE riXEK UN MARI.
La femme est, sans contredit, la plus belle, la plus aimable des créatures , mais , de toutes les créatures aussi, la femme est celle qui exige le plus de soin, le plus de propreté. J. -J, Rousseau a dit : « Il n’y a pas au monde un être plus dégoûtant qu’une femme malpropre , et l’homme qui s’en éloigne n’a point tort. » Ainsi, la femme qui néglige son corps et ses vêtements oblige son mari à chercher un objet plus attrayant. Dès lors, l’attrait qui rapprochait l’homme de la femme se dissipe et De bonheur s’enfuit.
En effet, il ne suffit pas à une femme, pour se faire aimer de son époux et se l’attacher invariablement, d’être jolie, d’être bonne; il faut encore qu’elle se montre toujours à lui dans une mise propre, soignée, et j’ajouterai un peu coquette ; car la propreté du
corps et des vêtements, le bon goût dans la mise et dans la parure, relevés par un petit grain de coquetterie, sont un des plus vifs excitants de l’amour et des désirs, un des liens les plus solides avec lesquels on enchaîne les hommes. Aucune femme ne l’ignore.
Si les soins que la femme prend de sa toilette pour paraître en public ne sont pas continués dans son intérieur, si elle se montre à son mari dans ces tristes négligés qui décèlent l’abandon de ses charmes et l’indifférence de plaire, il en résulte deux circonstances bien fâcheuses : d’abord, le mari finit par croire que sa femme est plus empressée de plaire aux autres qu’à lui, plus jalouse d’attirer l’attention d’autrui que la sienne; ensuite, si, dans les sociétés qu’il fréquente, le mari rencontre des femmes dont la mise plaît , séduit, il éprouvera naturellement le désir que sa femme fait éprouver aux hommes qui ne la voient qu’en toilette. Ces deux circonstances sont très-souvent la cause du refroidissement des deux époux entre eux, de leur indifférence et plus tard de leurs désordres.
La femme ne saurait donc être trop attentive à se montrer propre et parée aux yeux de son mari, et à prévenir les impressions désagréables ; car tout ce qui déplaît aux yeux inspire le dégoût, et tout ce qui leur sourit, au contraire, égaye le cœur et réveille le ûésir. Voilà pour les qualités physiques. Les qualités morales propres à attacher une femme à son mari
sont la chasteté, la douceur, la sincérité, la confiance, l’amour du travail , une conduite franche et loyale, une soumission éclairée par la raison, la tendresse, l’amabilité, la modestie, les procédés délicats, enfin, les menus soins d’épouse, les raille et une caresses auxquelles l’homme le plus rude, le plus sauvage, ne peut résister.
En toutes circonstances , la femme doit rester femme, et ne jamais empiéter sur les droits de l’homme. Une femme qui se sent des goûts virils ne devrait jamais se marier.
Les fantaisies, les caprices, les volontés doivent être réprimés, parce qu’ils sont la source d’une foule de tiraillements, de tracasseries, de contrariétés entre les époux, et finissent toujours par provoquer l’éloignement, puis l’abandon.
L’inconséquence, l’étourderie, la curiosité, la jalousie, sont de dangereux ennemis : la femraequiest affligée de ces défauts ne saurait être heureuse en mariage.
La jeune épouse enthousiaste doit se garder de la lecture des romans, afin de ne pas laisser aller son esprit à ce qu’on appelle la tournure sentimentale. Une imagination embrasée par ces lectures ardentes ne voit plus les choses sous leurs couleurs naturelles, ei s’égare incessamment au séjour des chimères, à la poursuite d’êtres fantastiques. Si, par hasard, la femme, ainsi gâtée, croit rencontrer dans un jeune séduct<4ur la réalisation de ses grèves, elle se livre à
lui, et celui-ci, après l’avoir trompée, l’abatidonne bientôt à ses remords, à son désespoir.
Les bals sont des foyers d’intrigues et de perdition; une mère de famille ne doit les fréquenter que trèsrarement, et en compagnie de son mari.
Certains théâtres ne valent pas mieux que les bals; les pièces qu’on y joue sont presque toutes immorales et pervertissent l’esprit des femmes. Au spectacle, on s’habitue à voir, en riant, des maris trompés, des femmes séduites, des tartufes de mœurs et 'de religion, d’aimables libertins, etc.
Une jeune femme qui se jette sans guide et sans nulle expérience dans le dangereux tourbillon du monde est en butte aux mauvais conseils, aux mauvais exemples, aux attaques du libertinage, à toutes les séductions du vice, et finit presque toujours par succomber. Or, les femmes qui veulent rester fidèles à leurs devoirs doivent se retrancher au milieu de leurs affections, se serrer auprès de leurs époux, de leurs enfants, où l’ennemi ne sera point assez audacieux pour venir les attaquer.
La femme ne doit jamais avoir rien de caché pour son mari ; car le moindre mystère, le plus petit secret surpris, dispose à la méfiance, fait naître le soupçon ; et, lorsque le soupçon commence à germer au cœur, la jalousie ne tarde point à éclore. La jalousie 1 Nous verrons dans un chapitre à part à quels excès conduit cette funeste passion.
En résumé, l’amour, l’amitié, l’esticfie, les soins, les égards qu’une femme prodigue à son mari, attachent de plus en plus celui-ci à sa famille, et lui font préférer les plaisirs qu’il y trouve à ceux du monde.
La durée du bonheur conjugal dépend, en grande partie, des mœurs, de la conduite et de la bonne tenue de la femme. C’est par un amour vertueux, une amitié, une fidélité constantes, une tendresse continuelle, une estime réciproque et une reconnaissance mutuelle, que les époux restent unis et heureux durant leur vie entière.