‹ Philosophie du mariage (faisant suite à l'hygiène du mariage)Chapitre 30 sur 34 · DD CÉLIBAT CIVIL · texte numérisé non relu

DD CÉLIBAT CIVIL

Les lois de la nature sont immuables, éternelles. Dans l’univers, tout ce qui existe est nécessaire; l’homme est une nécessité du globe, de même que ses fonctions génératrices sont une nécessité de son organisation ; vouloir s’y soustraire, c’est tenter l’impossible. L’espèce humaine a été placée sur la terre pour pulluler et non pour arrêter la vie.

Demandezà la nature pourquoi celte voix inconnue qui chante au fond des jeunes cœurs, et dont la mystérieuse harmonie les imprègne d’amour et de langueur? Demandez-lui encore si tous les êtres ne s’adonnent pas instinctivement et avec délices aux voluptés de l’amour? Si chaque fleur ne recueille point avec empressement le mystérieux pollen qui doit la féconder ? '

Le suprême ordonnateur de l’univers donna aux êtres vivants des sens pour s’en servir, des instincts j pour les suivre; et l’homme, seul sur la terre, se révol- '

tant contre cette loi immuable, chercherait à s’en affranchir! O vanité misérable! Homme, il y a du sang qui coule dans tes veines et les mord ; ce sang heurte ton cerveau, le stimule et l’enflamme ; ton organisation est une nécessité... Va, toutes tes règles impies, tous tes efforts pour combattre l’ordre harmonieux de la nature, sont empreints d’une impudente fausseté.

On traiterait d’insensé l’homme qui annoncerait pouvoir arrêter le cours des saisons, et le nom de sage serait donné à ceux qui se proclament assez forts pour résister à l’instinct de la propagation ? N’est-ce pas un autre genre de folie? L’être le plus intelligent, le Créateur, peut-il avoir mal fait ce qu’il a fait? Oh! non, ce n’est pas ainsi que Dieu coordonna son œuvre ; le célibat n’est pas inscrit aux tables de ses lois. Le célibat serait un suicide volontaire, une rébellion contre la divinité, s’il pouvait être gardé, car Dieu en donnant à sa créature des organes pour se reproduire, lui a dit : Croissez et multipliez.

Le célibat est donc un mépris de la parole divine, ou, si vous aimez mieux, un état contre nature, un mensonge effronté qui devrait saillir en relief au front de l’imposteur. En effet, si l’on entend par célibataire, l’homme, bien conformé, qui vit et meurt avec sa chasteté, c’est-à-dire qui, toute sa vie, a pu s’abstenir do tout contact avec la femme, cet homme-là doit être fort rare, sinon introuvable. Si, au contraire, on définit

los célibataires, ceux qui s’abstiennent du mariage, avec la réserve de satisfaire leurs besoins amoureux et de nepas avoir d’enfants, le nombre en est très-grand! vous les trouvez partout sous vos pas. Ce sont eux qui favorisent la prostitution, qui s’insinuent dans les familles, y sèment le désordre et la corruption ; ce sont eux qui jettent dans les hospices cette énorme quantité d’enfants naturels, créatures innocentes et abandonnées, preuve révoltante de l’immoralité des pères et mères. Et, si l’on consulte les registres des greffes criminels, on acquerra la certitude que le nombre des célibataires dépasse de beaucoup le nombre des hommes mariés ; il en est de môme sur les relevés des hôpitaux relativement aux folies, vésanies de tous genres, hypocondries, hystéries, etc. La proportion des célibataires est constamment la plus forte.

Tous les anciens législateurs ont condamné le célibat. Le Zende-Avesta des Perses, les Yédas des Hindous, les Kings des Chinois, le Talmud des Hébreux, et, parmi les modernes, l’Évangile et leKoran, s’élèvent contre le célibat. Dans l’Inde, la Perse et l’Égypte, non -seulement il était flétri; mais on croyait que les individus morts célibataires n’avaient point accès au ciel, et que leurs âmes étaient con-i damnées à errer éternellement sur la terre. Aussi, 1 pour conjurer un châtiment si terrible, les parentî mariaient leurs morts célibataires avant de les enterrer ou de les brûler. Les Grecs avaient rendu le céli-

bat presque impossible par les amendes et la honte dont il était frappé. Rome républicaine l’envisageait de même.

Les défenseurs du célibat nous objecteront que l’antiquité préconisa la virginité dans Vesta, Minerve, Diane, les Muses, les Grâces, les Pythies, les Vestales, les Brahmanes, les Hiérophantes, les prêtres^ de Cybèle, etc. Mais, l’histoire en main, nous leur prouverons que cette virginité est plus que douteuse. En effet, pourquoi Vesta était-elle représentée dans son temple tenant un enfant à la main ? d’où lui venait cet enfant ? Minerve n’avait-elle pas son Érichthonius et Diane sonEndymion? Les Muses, dépeintes par les auteurs comme de franches coquettes, ne passaient-elles pas des bras d’Apollon dans ceux du berger Magalion ? Et les prêtres de Cybèle qui n’avaient pas été eunitchisés dès le. bas âge, soit par le fer, soit par des drogues, menaient généralement une conduite fort peu régulière, s’il faut en croire Lucien qui nous a transmis leurs turpitudes. Quant aux Vestales, le temps de leur virgibité finissait à trente ans, et elles ne laissaient pas d’avoir des aventures avant ce terme ; il n’y avait que les indiscrètes que l’on punissait, d’après cet axiome ; Sinon casta, saltem cauta.]

Lycurgue, dans ses lois sur le célibat, se montra d une sévérité sans exemple : les célibataires étaient notesd infamie, exclus detoules les charges civileset

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militaires, même des spectacles et des jeux publics ; dans certaines fêtes solennelles, on les exposait à la risée du peuple, on les promenait nus autour des places, on les faisait agenouiller sur les marches de l’autel de Vénus féconde, et les femmes les frappaient de verges, leur crachaient au visage pour venger la nature qu’ils insultaient

Quelques sectes de philosophes, les Pythagoriciens, les Épicuriens, les Stoïciens essayèrent d’accréditer le célibat en Grèce ; mais les mœurs libres et enjouées des Grecs repoussèrent cette doctrine perverse et on se moqua de ses sectateurs. Du reste, Socrate, Platon et Aristote firent justice du célibat et prouvèrent que le mariage est un devoir sacré imposé par la nature et la patrie à tout bon citoyen.

Le fait suivant, si connu dans l’histoire, prouve combien un célibataire était dégradé dans l’opinion publique :

A Sparte, les vieillards jouissaient d’une vénération, d’un respect illimités ; dès qu’ils se présentaient sur une place ou sur une promenade, les jeunes gens interrompaient leurs jeux, leur conversation même, et s’inclinaient devant eux. Un vieillard passant un jour près d’un jeune garçon nonchalamment étendu au soleil, celui-ci détourna la tête et demeura couché. Témoin de ce manque de respect, un magistrat marcha droit au jeune homme et lui demanda d’une voix forte pourquoi il ne s’était pas levé devant une barbe

blanche ? — Honorer la vieillesse est un devoir, je le sais, répondit le jeune Spartiate ; mais ce vieillard est un méprisable célibataire. Si je lui ai refuse un salut, c’est qu’il n’a point donné à la République des enfants qui puissent, à leur tour, me rendre celte marque de respect, lorsque je serai vieux. Alors, le magistrat se tournant vers le sexagénaire, lui dit : — Vieillard, tu as entendu? et il lui tourna les talons.

Les lois de Lacédémone, fort contraires aux mœurs et aux bienséances actuelles, donnèrent lieu à la naissance des Parthéniens qui furent fonder Tarente. Voici le fait rapporté par les historiens :

En partant pour le siège d’Ithôme, en Messénie, les Spartiates firent le serment de ne rentrer dans leurs foyers qu’après avoir pris cette forteresse. Le siège durait depuis dix ans, lorsque les femmes de Lacédémone députèrent au camp des assiégeants pour leur représenter qu’ils donnaient un grand avantage à leurs ennemis, dont la jeunesse se renouvelait par la fécondité de leurs femmes, tandis qu'’eux, Lacédémoniens, ils détruisaient leur propre nation bien moins par la guerre que par un célibat forcé. Les Spartiates trouvèrent que leurs femmes avaient raison. Mais comment remédier à ce mal ; ils avaient juré de ne quitter le siège qu’après la prise de la forteresse, et ce siège devait durer longtemps encore. Ils ne pouvaient faire venir leurs femmes dans un pays que dévastait la guerre, quoiqu’elles y eussent

volontiers consenti, car les assiégeants avaient déjà beaucoup de peine à y trouver leur subsistance. Alors, ils prirent le parti de renvoyer à Sparte les jeunes soldats qui n’étaient arrivés à l’armée qu’après le commencement du siège et qui n’avaient point pris part au serment. Ces jeunes soldats revinrent auprès des femmes et des filles de Sparte, en l’absence de leurs maris et il s’ensuivit la naissance d’une foule d’enfants qui ne connaissaient point leurs pères. Devenus hommes, ils s’unirent tous et passèrent en Italie où ils fondèrent la ville de Tarente. On les nomma Pai'théniens , c’est-à-dire fils de vierges,

parce que la plupart étaient nés de filles non mariées.

Ce fait prouve combien la république de Sparte abhorrait le célibat et qu’elle ne négligeait aucun moyen pour augmenter le nombre de ses citoyens.

Les Perses accordaient des honneurs et des récompenseaaux pères de familles nombreuses. Dans leur livres sacrés on lisait en gros caractères :

« Élever des enfants, planter un arbre et labouroi son champ sont les œuvres les plus méritoires commi aussi les plus agréables à Dieu. »

Les Assyriens et les Babyloniens étaient forcés par la loi de marier leurs filles, sinon elles étaient livrées aux étrangers.

Chez les Égyptiens le célibat était accablé d’insultants mépris, tandis que la fécondité recevait d’éclatants honneurs.

Les lois de Moïse étaient expresses contre le célibat ; elles retranchaient tous les célibataires du peuple d’Israël et leurs noms étaient effacés des registres publics. Les femmes stériles gémissaient dans un profond oubli, on les regardait comme nulles. — Les jeunes mariés jouissaient pendant la première année de leur mariage du privilège d’être exemptés du service militaire. Tout concourait, chez le peuple juif, à flétrir, â éteindre le célibat volontaire. Moïse Maimonidès nous a transmis cette maxime du législateur hébreux :

« Celui qui aura ajouté un homme de plus au peuple d’Israël aura bien mérité de Dieu et de la nation. »

Les Scythes chassaient de leurs camps les hommes qui tardaient trop à se marier.

Les lois de Platon toléraient le célibat jusqu’à trente-cinq ans pour les hommes et vingt-cinq pour les femmes ; passé cet âge, tout homme qui refusait de se marier était exclu des emplois publics et perdait sa voix délibérative dans les assemblées.

Les lois romaines, calquées sur les lois grecques, flétrissaient également le célibatpar des peines plusou moins fortes. Un citoyen romain ne pouvait tester ni rendre témoignage sans avoir préalablement répondu à cette question : « En ton âme et conscience, es-tu marié? » S’il ne répondait pas pertinemment à, la question, il était mis à l’amendo.

César avait projeté une loi contre le célibat et des rét compenses pour encourager les mariages ; laûn tragique de ce grand homme en arrêta l’exécution. Ce ne fut que sous le règne d’Auguste que plusieurs lois parurent sous les noms de Julia, Papia, Poppea, portant des peines contre les célibataires et des récompenses pour les mariages féconds. Le but de ces lois était do réparer les pertes que Rome avait faites, en citoyens, pendant les guerres civiles.

En compulsant l’histoire, on est frappé de ce consentement unanime des anciens peuples à considérer le mariage comme une des premières institutions sociales, et à l’entourer d’honneurs et de respects. Les lois furent toujours faites contre le célibat et en faveur du mariage, jusqu’à l’époque où Constantin, dominé par l’esprit monacal, commença à leur porter atteinte. Plus tard, l’Église, qui vit son intérêt dans le célibat de ses membres, décida, pour agrandir sa puissance, que le célibat, et, par conséquent, la stérilité, était un état plus saint que le mariage et la fécondité. Malgré cette décision, il n’en est pas moins resté comme un fait avéré, que le célibat ne se multiplie, n’étend ses racines qu’aux époques de dissolution de mœurs et de luxe effréné, tristes avant-coureurs de la chute des nations. Et pour preuve flagrante, comparez la Grè-ce du temps de Léonidas à la Grèce du Bas-Empire; comparez Rome du temps de Brutus à Rome sous Caligulal

Le luxe, qui a tant d’influence sur les mœurs d’une nation, doit être compté comme une des causes de l’accroissement des célibataires; car, dans un pays où le luxe règne, les habitants se partagent en deux classes, dont l’une abonde en superfluités et l’autre manque souvent du nécessaire. Les capitales regorgent de richesses , d’arts de luxe inutile , de fêtes, de spectacles : tout le monde s’y porte en foule ^ attiré par l’espoir du gain ou des plaisirs, tandis que ïes campagnes languissent dans un état d’abandon voisin de la misère. C’est en grande partie des campagnes que les riches tirent les nombreux valets nécessaires au train de leur maison, et l'état de servitude auquel sont condamnés une foule de domestiques des deux sexes, est beaucoup plus nuisible qu’on ne le pense à la population. Leur célibat est forcé, parce que la plupart des maîtres et maîtresses ne les prennent à leur service qu’à cette condition. En supposant, ce qui est loin d’être, exagéré, que, sur une population de trente-six millions d’individus, on compte trois cent mille domestiques des deux sexes, dont cent mille seulement restent célibataires, il en résultera que la nation perdra, pour le moins, cinquante mille /enfants par an.

Le célèbre Hufeland, dont les travaux statistiques en ('0 genre sont d’une fidélité généralement reconnue, a démontré que, sur cent célibataires, il en est dix au plus dont les amours soient fécondes. Or, si

l’on porte seulement à trois le nombre des enfants riables qu’un mariage peut donner dans l'espace de vingt à vingt-cinq ans, on trouve que cent célibataires auront frustré l’État de trois cents citoyens 1

Ces deux exemples prouvent authentiquement que les guerres les plus meurtrières n’ont pas un résultat plus dépop ulateur que celui du célibat.

Si la force d’une nation est dans le nombre des mariages, dans la vigueur de ses citoyens, dans leur courage et leur dévouement à la patrie, on peut avancer que les peuples où règne le luxe n’ont aucune de ces qualités, parce qu’une partie des hommes est énervée par la mollesse, et que l’autre partie est ou servile ou exténuée par le besoin. Pour former des corps robustes, il faut une nourriture grossière, mais suffisante, un exercice soutenu, mais sans trop de fatigue, un air pur, etc. C’est ce qu’on trouve dans les campagnes, tandis que la population ouvrière des villes, resserrée dans des espaces étroits, infects, ne respire qu’un air vicié; son alimentation insuffisante, est le plus sou- ^ vent de mauvaise qualité ; ses mœurs relâchées, sa conduite irrégulière, les veilles, les fatigues, les abus en tout genre lui font contracter une foule de maladies qui la détériorent et l’abâtardissent. Par un contraste frappant, chez les peuples pauvres, le laboureur est plus riche que chez les nations opulentes ; voyez le paysan suisse, on trouve dans sa chaumière

plus d’aisance que dans celle du paysan français ; aussi a-t-il beaucoup plus d’enfants. i

Plusieurs religions de l’antiquité regardaient l’her-» paaphrodisme comme un symbole de la divinité, et, partant de là, des philosophes avancèrent que la perfection humaine nécessitait la réunion des deux sexes par l’amour, c’est-à-dire par le mariage. Les Orientaux sont encore imbus de cette idée ; ils ont horreur du célibat; on ne saurait leur persuader à eux, peuples arriérés, que les hommes bien constitués, sous le rapport physique, puissent traverser les deux époques de la jeunesse et de la virilité, sans payer un tribut à la grande loi d’amour...

Qu’un individu garde le célibat par égoïsme ou pour mieux libertiner, cela peut se concevoir; il est môme généralement reconnu que des hommes poussés par une ardente soif d’ambition, un désir excessif du pouvoir, fassent voeu de le garder, cela se conçoit encore; dans notre civilisation, il est vrai, ce serait attenter à la liberté individuelle que de forcer au mariage ; mais, si vous admettez que le célibat soit un fléau, au moins ne l'autorisez pas; c’est déjà bien assez de le tolérer.

Une des premières lois de notre Code devrait être faite en faveur dumariage; un des principaux moyens serait de moraliser son institution en flétrissant le célibat.

Moyens à opposer au célibat.

Un digne magistrat, homme d’un patriotisme éprouvé, avait rédigé, en l’an IX, l’arrêté suivant, pour restreindre le cadre du célibat, qui tend sans cesse à s’élargir, surtout aux époques de luxe et d’égoïsme.

Art. 1®*'. — Tout célibataire âgé de plus de vingtcinq ans est déclaré incapable de posséder ou d’exercer aucune place ou emploi quelconque, dans toute l’étendue de la République. Ceux qui occupent actuellement des places ou emplois sont tenus de les quitter à peine de dix ans de fers et confiscation de leurs biens.

Art. 2. — Les célibataires des deux sexes, pendant tout le temps qu'ils demeureront dans le célibat, payeront doubles leurs impositions de toute nature. De plus, toutes leurs rentes perpétuelles, tant sur l’É- ^tat que sur particuliers, seront et sont déclarées par ^ le présent arrêté, réduites de moitié. Autorisons les particuliers débiteurs desdites rentes, d’en faire la retenue à leur profit, s’ils sont pères de famille ; sinon, demeurera cette moitié au trésor national.

Art. 3. — Nul célibataire ne pourra tester, faire des donations, aliéner ses biens ; déclarons ces testaments, donations ou ventes nuis ; voulons que leur succession demeure acquise à la nation ; et en cas de

recelé ou divertissement de leurs meubles, titres et contrats, ceux qui les auront recélés soient punis de dix ans de fer avec confiscation de leurs biens.

Aut. 4. — Seront, lesdits célibataires exclus de toutes assemblées publiques.

Art. 5. — L'homme riche et marié qui, au bout de dix années de mariage n’aura point donné d’enfant à l’État, ou qui n’aura pas adopté celui d’un indigent, sera tenu de verser dans le trésor public les fonds nécessaires à l’éducation d’un citoyen.

Art. 6. — Les célibataires auront une carte de sûreté jaune et verte et une cocarde jaune à leur chapeau; les filles porteront une fleur artificielle jaune à leur coiffure.

Art. 7. — Tout citoyen qui aura à son service des célibataires de l’un et de l’autre sexe, ûgés, savoir les mâles do vingt-cinq ans et au-dessus, les filles de dixhuit ans et au-dessus, payera, pour chacun d’eux, cinquante francs d’impositions.

Art. 8. — Il sera établi dans la capitale et les chefs-lieux un censeur des mœurs par quartier, qui dressera un état des célibataires de son arrondissement, fera les inventaires de ceux qui décéderont, prendra les titres de leurs successions et se mettra en possession, pour la nation, de tous leurs biens, meubles et immeubles.

Art. 9. — Chaque censeur des mœurs rendra compte au préfet du département de toutes les mesu-

res qu il aura prises et de tout ce qu’il aura fait à l’é» gard des célibataires.

Art. 10. Défense aux jeunes célibataires mâles d’épouser des femmes au-dessus de trente ans, et aux jeunes filles d’épouser des hommes au-dessus de quarante ans. a

Art. 11. — Défense aux hommes âgés de plus de cinquante-cinq ans de se marier avec des femmes qui n’auraient pas quarante ans révolus ; pareille défense est faite aux femmes de quarante ans de se marier avec des hommes qui n’ auraient pas cinquante-cinq ans. ®

Art. 12. — Défense à tout notaire de passer aucun contrat de rente des biens des célibataires, ni aucune donation ou transport de leurs biens, obligations ou autres actes tendant à l’aliénation de leurs dits biens, et aux particuliers de leur constituer des rentes viagères, à peine de dix ans de fers, perte de leurs pro fession et confiscation de leurs biens

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