ihiil , p. r,r
m rriÉME lf.ço — rkid 345
aussi les prémisses sur lesquelles celte conclusion est fondée.
La mémoire implique la conception et la croyance d'une durée passée, car il est impossible de se souvenir d'une chose, si l'on ne croit qu'il s'est écoulé quelque intervalle entre le temps où cette chose est arrivée et le moment présent. D'un autre côté, le souvenir d'un événement passé est nécessairement accompagné de la conviction que nous existions alors. Je ne puis me souvenir d'une chose qui arriva l'an dernier, sans être convaincu que j'étais identiquement l'an dernier la même personne qui se souvient aujourd'hui.
Faisons connaître le plus brièvement possible l'opinion de Reid sur la durée et sur l'identité personnelle.
Le chapitre de la durée a le même caractère que le chapitre sur l'espace. Nous y trouvons le même dogmatisme dans certaines limites, et au delà de ces limites la même incertitude.
Reid commence par établir que nous devons à la mémoire l'idée de la durée. « Nous ne pouvons nous rappeler une chose passée^, sans concevoir une durée quelconque entre le moment présent et celui où nous avons perçu cette chose. Aussitôt que la mémoire s'exerce, nous acquérons à la fois une notion de la durée et la persuasion de sa réalité. Ce sont des suggestions inévitables de tout acte de cette faculté et par conséquent elles doivent lui être rapportées. »
La notion de la durée s'agrandit et s'étend successivement dans l'esprit jusqu'à ce qu'on aiTive à l'idée d'une durée infinie, a La notion - du passé nous est immédiatement suggérée par la mémoire. Avant d'avoir acquis la notion du passé et du présent et celle de durée antérieure et postérieure, nous ne pouvons former la notion du futur, car le futur est ce qui est postérieur au présent... L'étendue des corps, qui est une perception de nos sens, nous suggère nécessairement la notion d'un espace qui demeure