Ihiil., n
de parties parfaitement homogènes, mais divisibles à l'infini. Le nombre est pour Reid la mesm-e naturelle de l'étenduo^ et de la durée ^ En un mot, on ne voit guère quels attributs de l'espace et du temps, c'est-à-dire quels signes de leur nature, échappent à l'analyse de Reid. Puis, arrivé au terme de cette dissertation, Reid s'avise comme Kant qu'après tout, il a parlé des idées que nous nous formons de la durée et de l'espace, et non de l'espace et de la durée considérés en eux-mêmes. A l'exemple d'Hutcheson, il repousse par la question préalable la preuve a priori de l'existence de Dieu que Clarke et Newton ont tirée de nos conceptions de l'espace et du temps. Nous sommes forcés, disaient-ils, d'admettre l'existence de l'espace et du temps, de l'immensité et de l'éternité ; or l'immensité et réternilé ne seraient que des abstractions, si elles n'étaient les attributs d'un être immense et éternel. « Ce sont là, répond Reid, des spéculations d'homme de génie ; mais je ne sais si elles sont aussi solides que sublimes, et s'il ne faut point les reléguer parmi les jeux d'une imagination qui s'égare dans une région inaccessible à l'esprit humain 2... Les hommes sont involontairement entraînés dans ces paradoxes et dans ces énigmes, quand ils raisonnent sur le temps et l'espace et qu'ils s'eiTorcent de comprendre leur nature. Ce sont des choses dont les facultés humaines ne donnent, selon toute apparence, qu'une conception incomplète, et de là ces difficultés que nous nous efforçons en vain de résoudie, et ces doutes que nous ne pouvons éclaircir. Peut-être faudrait-il, pour dissiper les ténèbres qui enveloppent le temps et l'espace, une faculté que nous ne possédons pas, et dont l'absence nous laisse sans clarté, toutes les fois que nous voulons approfondir leur nature. » Alors ce n'était pas la peine d'en disserter soi-même si longtemps, et nous ne comprenons pas la timidité aclucllc" de Reid ou son assurance de tout à riicuie.