I. ifyi'J., p. i
nriTIÈME LEÇON. — REID 357
Chacpie individu a ses attributs, et les différents individus ont des attributs différents et semblables. L'abstraction appliquée à un individu sépare un de ses attributs de tous les autres, du tout réel et du sujet réel qui constitue sa réalité. Cet attribut considéré seul est une conception abstraite. Si ce même attribut est considéré comme appartenant ou pouvant appartenir à plusieurs individus différents, c'est une conception générale.
Reid résume ainsi son opinion :
« 1«> C'est' à l'abstraction que l'entendement humain doit ses notions les plus simples et les plus distinctes. Les objets les plus simples que nous présentent les sens sont complexes et indistincts, tant que l'abstraction ne les a pas résolus dans leurs éléments ; et l'on peut en dire autant des objets de la mémoire et de la conscience.
2'^ Les notions complexes les plus distinctes sont celles que l'entendement lui-même compose en combinant les notions simples qu'il a acquises par l'abstraction.
3" Sans les facultés dabstraire et de généraliser, l'esprit humain n'aurait point inventé des méthodes de classification, ni distribué les choses en genres et en espèces.
4° Sans ces mêmes facultés, il serait incapable de définir ; car les individus ne sont pas susceptibles de définitions : les universaux seuls en comportent.
o» Sans notions abstraites et générales, il n'y aurait ni raisonnement ni langage.
6» Les animaux ne se montrent pas capables de distinguer les divers attributs d'un même sujet, de classer les choses en genres et en espèces, de définir, de raisonner, de communiquer leurs pensées par des signes artificiels, comme le font les hommes; il y a lieu de croire, avec Locke, qu'ils sont privés de la faculté d'abstraire et de généraliser, et que c'est une différence spécifique entre eux et l'espèce humaine. »
Reid, selon son habitude, après ces observations psychologi-