‹ Philosophie écossaiseChapitre 109 sur 199 · i5ti.,p · texte numérisé non relu

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peut pas les imaginer, et que l'image d'un universel est une absurdité. D'ailleurs, il accorde parfaitement que les universaux ne sont pas rien et qu'ils fondent une vraie connaissance. « Comment, dit-iP connais-le les universaux? Je l'ignore; mais j'ignore aussi comment je vois, comment j'entends, comment je me souviens. Nous ne devons point nier un fait dont nous avons la conscience, parce que nous ne savons pas l'expliquer. »

Nous sommes entièrement de l'avis de Reid contre les nominalistes ; mais nous doutons fort que le conceptualisme soit une position intermédiaire qui puisse se soutenir devant un sérieux examen, et nous pensons qu'elle a besoin de s'appuyer, au moins en une certaine mesure, sur le réalisme. En effet, pourquoi l'esprit se forme-t-il des conceptions générales? pourquoi, par exemple, conçoil-il les genres et les espèces ? Le conceptualiste répond : Parce que l'esprit est naturellement doué de la puissance de former des espèces et des genres pour sa commodité et pour son usage, dans l'impuissance où il est d'embrasser la multitude innombrable des individus. La réponse est insuffisante; car on demande alors si les genres et les espèces que l'esprit conçoit sont purement arbitraires, déterminés sur ses besoins seuls et sans aucun fondement dans la nature même des choses. Si on réplique que la conception des genres et des espèces est arbitraire, c'en est fait de la valeur des classifications et de toute la science humaine. Il faut convenir que les classifications zoologiques et botaniques, par exemple, n'ont aucun fondement réel dans la nature et qu'elles pourraient être tout opposées <à ce qu'elles sont sans être moins bonnes, si elles secouraient également la mémoire et l'intelligence ; il n'est pas vrai qu'il y ait dans la nature telle ou telle race : il n'y a que des individus à la fois ditTérents et semblables, mais sans aucune unité réelle ; l'unité de la classe à laquelle nous les rapportons n'a de réalité que dans notre esprit. Recule-t-on devant cette conséquence inévitable du conceptualisme ? Admet-

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