‹ Philosophie écossaiseChapitre 110 sur 199 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

.on, pour l'honneur même de nos classifications, qu'elles ont un fondement quelconque dans la nature ? Déjà le réalisme arrive et le pur conceptualisme est vaincu. Pourquoi, en effet, les classifications scientifiques ont-elles quelque fondement, sinon parce qu'il y a dans les êtres des attributs communs, un plan, un dessein commun, une unité qui n'est pas une pure conception de notre esprit, mais que nous concevons et ne pouvons pas ne pas concevoir parce qu'elle existe? Sur ce point, qui est le nœud de la question, Reid est incertain. Quelquefois il se prononce contre la réalité des genres et des espèces : o. Ce n'est pas Dieu, dit-il*, qui a créé les genres 'et les espèces ; ce sont les hommes. » Un sage réalisme répond aisément que les hommes n'ont été conduits et fondés à former ces conceptions générales appelées genres et espèces, que parce que Dieu avait créé des genres réels et des espèces réelles. Cela ne veut pas dire qu'il y ait, outre les esprits et les corps, des êtres extraordinaires appelés genres et espèces ; il plaît au nominalisme et à Aristote d'imputer une pareille extravagance à Platon, qui n'y a jamais pensé ; mais il est certain que les genres et les espèces existent dans la nature, ici dans les individus eux-mêmes qui les expriment par leurs caractères communs, là dans l'esprit de l'homme qui les conçoit parce qu'ils sont, et primitivement dans l'entendement divin qui les a conçus et réalisés tout ensemble. Quelquefois^ Reid incline de ce côté : ft Pour 2 que les mots aient une signification générale, il faut que celui qui les prononce et que celui qui les écoute connaissent des choses générales. Ce sont ces conceptions que j'appelle générales; et je remarque qu'elles n'empruntent point cette dénomination de l'acte de l'esprit qui est toujours un acte individuel , mais de l'objet conçu qui est un objet général... Tout 3 acte de l'esprit étant nécessairement individuel , aucune conception n'est générale : la généralité n'est point dans l'acte de l'esprit, elle est

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