Ibid., ij. i
■i.l'arexemiile, Premiers Essais. p. 222; dc Vrai, du Beau et di Bien, leçon ne ; PiiiLosopuiE SENsiALisTE, Icgoi) l'e, p. 8, et 2e séiie, t. m, l'uiLosopuiE de Locke, U\in xvie.
L'école sensualiste, préoccupée du principe que la sensation doit suffire à expliquer toute l'intelligence, au lieu d'étudier longtemps et sincèrement les faits intellectuels dans les caractères dont ils sont aujourd'hui revêtus, recherche d'abord leur origine; puis, partant de cette origine vraie ou fausse, elle en tire toutes les connaissances actuelles, les contraignant de passer, bon gré mal gré, par la porte qui leur a été ouverte, sauf à y laisser, si cette porte est trop étroite, quelque chose d'elles-mêmes, et à sortir de cette analyse systématique altérées par quelque endroit. C'est là corrompre à sa source la méthode expérimentale. Appliquée d'abord à la question de l'origine de nos connaissances, l'observation se fausse et s'éblouit. Elle ne voit pas, elle imagine; elle n'expérimente pas, elle devine; elle ne remonte pas du connu à l'inconnu, du moins difficile au plus difficile ; elle procède du plus difficile au plus facile, de l'inconnu au connu ; elle va du simple au composé comme la géométrie, au lieu d'aller du composé au simple, comme la physique et la chimie. Locke a le premier donné l'exemple de cette périlleuse ^ méthode ; Condillac ^ l'a poussée à toutes ses extrémités, et on peut dire qu'il l'a accablée dans son triomphe. Le Traité des sensations est à la fois le chefd'œuvre et la ruine de la fausse analyse. Reid a suivi la méthode opposée, qui est la vraie. 11 applique la réflexion non à ce qui fut, mais à ce qui est, aux opérations de l'esprit humain, telles qu'elles s'accomplissent aujoui'd'hui et avec les caractères certains dont elles sont revêtues. Par là, il repousse les hypothèses arbitraires sur l'état primitif de l'intelligence, et toutes les extravagances où la question prématurée de l'origine des idées a conduit Condillac. Mais, selon sa coutume, en se défendant de l'erreur, il n'atteint pas toute la vérité. Renfermé dans la description des caractères actuels de nos connaissances et des principes qu'elles contiennent manifestement, il ne s'inquiète guère de ce qu'elles ont pu être