‹ Philosophie écossaiseChapitre 115 sur 199 · lb\d>, leçons ne et me · texte numérisé non relu

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à leur origine ', et comment elles sont parvenues de leur forme primitive à celle qu'elles affectent aujourd'hui. C'est juste le défaut opposé à celui de l'école sensualiste. Ou bien, si quelquefois Reid aperçoit le problème de l'origine des connaissances, c'est pour le déclarer au-dessus de nos forces. Par exemple, il reconnaît bien que l'esprit humain n'a pu débuter par un cercle vicieux, que la conception et le jugement n'ont pu commencer par se supposer l'un l'autre, et que l'un des deux a dû précéder, mais il ne sait pas lequel. Cette circonspection est excessive, elle est même en contradiction avec ce qui a été dit en plusieurs endroits des Recherches et des Essais, et avec la théorie tout à l'heure exposée des jugements naturels.

Il n'y a pas une opération de l'esprit qui ne soit un jugement ou qui ne soit accompagnée d'un jugement. Ce jugement peut avoir deux formes, sa forme naturelle et instinctive, ou celle que la réflexion et l'analyse lui impriment, c'est-à-dire celle d'une proposition. Laquelle a précédé? évidemment la première. 11 n'y a là aucune incertitude. Je juge d'abord par l'inspiration de la nature, parce que je suis un esprit capable de juger; et ce jugement renferme une affirmation ou plutôt il est l'affirmation ellemême. Sans doute j'ai conscience de cette opération, comme de tout ce que je fais; mais la conscience naturelle n'est pas la réflexion. La conscience aperçoit en gros et confusément ce qui se passe en nous. La réflexion éclaircit ce tout complexe en le divisant. Elle distingue dans le jugement primitif le sujet qui le porte, l'objet de ce jugement, et ce qui a été affirmé de cet objet; elle en fait une proposition, et plus tard, quand l'esprit porte de nouveau ce même jugement, il l'exprime sous cette forme. Il y a dans le jugement ainsi exprimé la conception de la proposition et l'opération de l'esprit qui affirme la vérité de cette proposition. 11 est impossible alors de déterminer qui des deux précède, car l'esprit affirme parce qu'il conçoit, et il conçoit en affirmant. Mais

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