‹ Philosophie écossaiseChapitre 116 sur 199 · PRtftUERS Essais, p. â · texte numérisé non relu

PRtftUERS Essais, p. â

primilivement il ne peut pas y avoir eu conception de la proposition, puisqu'il n'y a pas eu de proposition. La proposition est une traduction analytique du jugement; elle le suppose donc; la conception d'une proposition, et en général la conception, n'a donc pas pu précéder le jugement ; elle est fille assez tardive de la réflexion, tandis que le jugement, comme Reid l'a dit si souvent, est l'enfant de la nature. La question déclarée par Reid insoluble se résout donc d'elle-même et sans nulle difficulté.

Le même oubli de ses propres principes et des formes primitives de la pensée et du jugement a jeté Reid dans une contradiction étrange et dans une erreur considérable sur un autre point de la plus haute importance. Lui qui ailleurs * a si bien vu que cette vérité, j'existe, nous est donnée à l'occasion d'une opération de la conscience par un jugement naturel dégagé de toute formule syllogistique; tout à coup, confondant la proposition ultérieure et réflexive j'existe avec le jugement naturel et spontané auquel elle est empruntée, et trouvant dans la proposition j'existe la notion d'existence, en conclut que l'homme n'a pas pu savoir qu'il existe ïans avoir eu cette notion, laquelle est une notion générale. « Il n'y a pas, dit Reid ^^une seule proposition qui ne renferme quelque notion générale. » Nous l'accordons des propositions sous leur forme actuelle, grammaticale et logique; nous ne l'accordons point des jugements primitifs qui nous font connaître l'existence d'êtres particuliers. — « Cette proposition célèbre j'existe dans laquelle Descartes plaça l'origine de toute vérité, et dont il fit la base de toute la connaissance humaine, ne se conçoit pas si l'on ne conçoit l'existence, l'une des notions générales les plus abstraites. » 11 est vrai que cette proposition ne se conçoit pas logiquement, si on ne conçoit pas la notion abstraite d'existence ; mais je peux savoir que j'existe sans savoir ce que c'est que l'existence en général ; ou bien il faut soutenir qu'il n'y a pas de jugement particulier d'existence qui ne présuppose un jugement général et une

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