‹ Philosophie écossaiseChapitre 118 sur 199 · Ibiii · texte numérisé non relu

Ibiii

tachée , j'affirme d'abord que j'existe sans savoir ce que c'est en général que l'existence, encore bien moins ce que c'est que le néant. — « Je ne * prétends pas déterminer à quelle époque l'esprit acquiert la notion d'existence, je veux seulement dire qu'il en est pourvu dès qu'il affirme d'une chose qu'elle existe. » Et pourquoi cela, je vous prie? Parce que « un prédicat étant la même chose qu'un universel, dans toute proposition, le prédicat au moins est une notion générale. » Sans doute toute proposition, même la plus particulière, contient logiquement quelque notion générale; mais autre chose est une proposition, autre chose un jugement naturel. Il est vrai encore qu'il n'y a pas de jugement naturel particulier qui n'ait sa loi, dont la généralité se révèle successivement à mesure que ses applications se multiplient. Mais les premières applications sont nécessairement particulières, et l'esprit suit d'abord ses lois sans les connaître. La plus haute réflexion n'est que l'instinct développé; mais l'instinct n'agit pas comme la réflexion. La vraie logique n'est qu'une traduction de la logique natiu-elle, mais les formes de l'une ne sont pas celles de l'autre. La poésie a précédé les poétiques, et le sens commun la philosophie. Est-ce à Reid qu'il faut rappeler cela? S'il eût plus étudié et mieux compris la maxime Je petise, donc je suis, au lieu d'accuser Descartes, comme il le fait si souvent, il lui aurait emprmité cette grande leçon de psychologie que la notion de l'existence personnelle est une notion parîlculière qui s'introduit dans l'esprit par son évidence propre, sans le secoiu's d'une notion plus générale ni d'aucune conception logique, parce que l'esprit va primitivement du particulier au général et non du général au particuher^.

Nous avons insisté à dessein sur cet exemple malheureux, pour mettre en lumière l'insuffisance de l'analyse de Reid dans toutes

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