‹ Philosophie écossaiseChapitre 125 sur 199 · Ibid.. p · texte numérisé non relu

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3S() PHILOSOPHIK ÉCOSSAISE

torité humaine en matière d'opinions. C'est le principe de \é' racité et de crédulité que Reid a déjà mis en lumière dans les Recherches ^

Onzième principe. Beaucoup d'événements qui dépendent de la volonté libre de nos semblables ne laissent pas de pouvoir être prévus avec une probabilité plus ou moins grande. — Nous inclinons à penseï- avec Reid que cette prévoyance n'est pas seulement fondée sur l'expérience, mais qu'elle suppose, outre l'expérience, un principe qui est pour les actes et la conduite des natures intelligentes et raisonnables, quoique libres, ce qu'est dans le monde physique le principe de la stabilité des lois de la nature. En effet la liberté ne consiste pas à s'écarter des lois de la raison, mais à les suivre sans y être forcé. C'est là le propre de la vertu. Le vice n'a pas le privilège d'arracher l'homme à l'empire des lois de sa nature ; il le met seulement sous l'empire des lois d'une partie de sa nature qui est inférieure à l'autre, à savoir la passion ; et celle-ci a ses lois aussi, qui, combinées avec celles de la raison, déterminent en général la conduite humaine. Le pouvoir de la liberté peut modifier l'action de ces lois, et elle la modifie en effet, mais trop peu pour empêcher l'ordre général ; et c'est la croyance à cet ordre général, à la stabilité des lois de la nature morale comme de la nature physique, c'est cette croyance, à moitié instinctive, à moitié expérimentale, qui est le fondement de la prévoyance.

Douzième principe. Dans l'ordre de la nature, ce qui arrivera ressemblera probablement à ce qui est arrivé dans des circonstances semblables. — C'est le principe de la stabilité des lois de la nature, déjà mis en lumière dans les Recherches '-. L'expérience suppose la conviction que l'avenir ressemblera au passé : supprimez ce principe, et l'expérience de mille siècles sera stérile. L'expérience et le raisonnement confirment ce principe, ils

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