Ibid., p
d" Les deux applications oîi se manifeste le principe des substances sont celles-ci : les qualités sensibles qui sont l'objet de nos perceptions ont un sujet que nous appelons corps, et les pensées dont nous avons conscience ont un sujet que nous appelons esprit. « Il n'est pas plus évident ^ que deux et deux font quatre, qu'il ne l'est qu'il ne saurait y avoir de ligure sans quelque chose de figuré, ni de mouvement si rien n'est mû... La distinction des qualités sensibles et de la substance à laquelle elles appartiennent, de la pensée et de la substance qui pense, n'est point une invention des philosophes; toutes les langues l'expriment, et par conséquent elle est dans l'esprit de tous les hommes qui entendent la langue qu'ils parlent. Je ne pense pas que le philosophe le plus sceptique dans la spéculation puisse soutenir une demi-heure de conversation sur les affaires communes de la vie, sans manifester plus d'une fois, de la manière la moins équivoque, qu'il est convaincu de la réalité de cette distinction ^. »
2° Hume est le premier qui ait révoqué en doute si ce qui commence d'exister a nécessairement une cause. Mais l'une de ces trois choses est vraie : ou cette maxime n'est qu'une opinion sans preuves que les hommes ont adoptée inconsidérément ; ou elle peut être démontrée par le raisonnement; ou elle est évidente par elle-même, et doit être reçue comme un axiome inaccessible à toute contradiction et à toute dispute.
La première de ces suppositions ne peut pas être discutée sérieusement, puisqu'elle met fin à toute philosophie, à toute morale, à toute prudence dans la conduite de la vie.
Quant à la seconde supposition , que le principe dont il s'agit peut être prouvé par le raisonnement, on a beau chercher cette preuve, il est impossible de la découvrir.
Trois ou quatre arguments ont été présentés dans le dessein de prouver a priori cette proposition, que tout ce qui commence d'exister a une cause; l'un est de Hobbes, un autre de Clarke, le
i. Ibid.