‹ Philosophie écossaiseChapitre 137 sur 199 · Ibii., p · texte numérisé non relu

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dentels auxquels nous sommes exposés ; mais nous n'avons aucune raison de croire que Dieu se soit joué d'aucune de ses créatures en les douant de facultés destinées à les tromper : cette pensée serait injurieuse au Créateur et conduirait au scepticisme absolu. » Ce n'est pas là seulement la pensée de Descartes, ce sont ses propres termes. Pour se défier de ses facultés, il faut supposer que celui qui nous les a données a voulu nous tromper ; mais quand au lieu d'un Dieu méchant, d'un malin génie, on trouve un Dieu parfait et parfaitement véridique, il est impossible de révoquer en doute la véracité de nos facultés; on y avait cru d'abord instinctivement, on y croit alors avec réflexion ; la foi primitive se change en une foi philosophique inébranlable à toutes les attaques du scepticisme. C'est contre le scepticisme que Descartes invoque la véracité divine, et Reid, après avoir tant critiqué Descartes, en est réduit à faire comme lui. Ce n'était pas la peine de le censurer avec tant de hauteur.

i'> Aveuglé par le système qu'il impute à Descartes, qu'il n'y a rien de certain au delà des données de la conscience, Reid prétend que Descartes rejette tout sujet des qualités sensibles et même tout sujet de la pensée parce que tout sujet échappe à la conscience ; il prétend que pour Descartes « l'étendue est l'essence de la matière, qu'elle est la matière même ; que la pensée est l'essence de l'esprit, que l'esprit est la pensée, Essais sur les facultés intellectuelles, Essai IF, chap. 8 i. » Mais c'est là se faire un cartésianisme à sa mode. Tout le monde sait que l'étendue n'est pas la matière pour Descartes, mais son attribut fondamental, ce qui est fort diftérent. Comment soutenir, après avoir lu quelques pages des Méditations, que l'esprit pour Descartes n'est pas un être réel et substantiel dont l'attribut fondamental est la pensée, mais qu'il est la pensée seule sans un sujet réellement existant ? Comment Reid l'accuse-t-il de faire un syllogisme pour démontrer que la pensée suppose im être réellement existant, et l'aocuse-t-il en

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