‹ Philosophie écossaiseChapitre 14 sur 199 · Vie de Spinoza, i)ar Oolerus · texte numérisé non relu

Vie de Spinoza, i)ar Oolerus

l'KD.MIEBK LEÇON. — IMUODICIIUN 11)

tiiié ; Keid l'ut assez longtemps pasteur, ainsi que Beattie; Ferguson exerça, pendant dix années, les fonctions de chapelain d'un régiment. De tels hommes, qui appartenaient à l'Église presbytérienne, ou qui avaient été nourris dans un commerce intime avec elle, ne pouvaient enseigner une philosophie équivoque en elle-même, immorale et impie dans ses résultats. Amis déclarés de la liberté, ils détestaient les doctrines politiques de Hobbes; philosophes, ils ne pouvaient pas ne pas repousser des principes qui menaient à ces doctrines,au pouvoir absolu ou à l'anarchie. Sans doute Locke était libéral aussi; il était même chrétien; mais l'inconséquence qui le distingue si honorablement ne pouvait s'étendre à toute une école et durer pendant un siècle. D'ailleurs CoUins et Dodwell avaient trahi le secret du système. Les philosophes écossais étaient donc placés entre Collinset Dodwell, d'une part, et, de l'autre, Newton et Schaltesbury ; leur choix ne pouvait être douteux.

Poui' faire voir combien l'esprit presbytérien qui dominait en Ecosse était défavorable à la i)hilosophie de Locke , nous citerons deux faits certains , l'un de la fin du dix-septième siècle , l'autre du milieu du dix-huitième.

En 1696, sous le roi Guillaume, une commission du parlement d'Ecosse reprit avec ardeur et constance l'ancienne idée d'un cours uniforme de philosophie dont chacune des quatre universités devait composer une partie. Mille difficultés se présentèrent; et tout ce que put obtenir la commission fut la communication des cahiers de philosophie employés dans l'enseignement. Elle y trouva soixante-dix propositions qu'elle déclara erronées et indignes d'être enseignées, comme étant contra fidem et honos mores. L'historien, qui rapporte en détail ' toute cette atTaire, nous apprend que les propositions condamnées appartenaient principalement à la doctrine d'Épicure, devenue à la mode, dit-il, grâce aux écrits de Gassendi. Condamner Gassendi n'était-ce pas menacer Locke ?

En 1745, le professeur de philosophie morale de l'université

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