REID. ESTHETIQUE ET MORALE
Essai \ll\e, Du 30U/.— Caiactèie original de l'esthéliqae de Reid. i° Dans l'analyse de l'idée du beau, Reid rélablille jugeineU à côté du seiitiraent. 2» Dans la question des caractères extérieurs et coiistiiulifs de la beauté, il réhabilite la théorie platonicienne, qui ramené toutes les beautés, même |)l)ys!(iues,;i !a beauté intellectuelle et morale. — Essais sur les facultés aclives. Reid met à la tête de la morale la question de la liberté. — Examen du premier Essai, De la puissance active. — Position de la question. Fait de liberté. Analyse de ce fait. — Incertitudes, obscurités, contradictions, erreurs de Reid. — lie Essai, De la volonté, et IVe Essai, De la liberté des agents moraux. — Solidité et excellence de ces deux Essais.
L'esthétique de Reid est renfermée dans le htiitièrae Essai sur les facultés intellectuelles, intitulé Du goût.
Reid a connu et a mis à profit les nombreux écrits cpie firent éclore les Recherches d'Hutcheson en Ecosse et en Angleterre ; mais la brève esquisse qu'il a laissée surpasse tous ces écrits par l'élévation et l'originalité des vues.
Hutcheson avait établi, après Shaftesbury, que le beau est différent de l'utile; que l'idée du beau est une idée simple et primitive qui ne vient ni des sens ni du raisonnement, et qui doit être rapportée en nous à une faculté particulière que, pour obéir à la langue introduite par Locke dans la philosophie, il a appelée le sens du beau. Nous avons ' vu qu'autant la partie négative de cette théorie est vraie, autant sa partie positive est défectueuse, en ce qu'elle semble ne tenir compte que de ce qu'il y a d'affectif dans la perception de la beauté et en méconnaître le caractère ra-