‹ Philosophie écossaiseChapitre 145 sur 199 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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DIXIÈME LEÇO>. — REII) 419

évideni que le chaud et le fioid, le doux et l'amer sont, dans la langue commune, des attributs des objets perçus et non de la personne qui perçoit... L'analyse du sentiment du beau rend les mêmes éléments que celle du sentiment du doux ; on y trouve d'abord une émotion agréable, puis la conviction qu'il existe au dehors une qualité réelle qui en est la cause. L'émotion est sans aucun doute dans l'esprit, et il en est de même du jugement qui l'accompagne; mais ce jugement, comme tout autre, peut être \Tai ou faux. S'il est vrai, l'objet beau possède réellement quelque perfection. C'est à cette qualité de l'objet que s'applique le mot de beauté, et non point au sentiment du spectateur. »

Poui- en douter, il faudrait douter de la véracité de nos facultés, ce qui serait douter de la véracité et de la bonté divines. Reid n'hésite pas à se servir ici de cet argument, qu'il a tant critiqué dans Descartes i : a Dire qu'il n'existe aucune beauté dans les objets où tous les hommes en aperçoivent, c'est dire que nos facultés sont trompeuses. Mais nous n'avons point de motif de proférer ce blasphème contre l'auteur de notre être; les facultés qu'il nous a données ne sont point délusoires. Les beautés sans nombre qu'il a si libéralement répandues sur la face de la création ne sont point de fantastiques apparences : elles sont la perfection môme de ses ouvrages, et cette perfection n'est qu'un reflet de la sienne. »

2° La beauté se rencontre dans des choses si diverses et si op* posées, qu'il est difficile de dire en quoi elle consiste, quel est le caractère commun des objets qui la possèdent. Parmi les qualités sensibles, la coulem", la forme, le son, le mouvement, sont susceptibles de beauté. 11 y a de la beauté dans les actions, dans les affections, dans les caractères ; il y en a dans les arts et dans les sciences ; et il n'est pas aisé de voir ce qu'il y a de commun entre toutes les choses qu'on appelle belles, entre la pensée d'un être intelligent et la forme d'un bloc de marbre, entre un théorème et une symphonie. Aussi Reid se borne-t-il à rappeler

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