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DIXIÈME LEÇON. — REID fi2\
vère, solennelle. Elle est portée à son comble quand elle a pour objet l'idéal même de toute grandeur, Dieu. « L'émotion < qu'excite dans l'âme humaine ce plus grand de tous les objets qu'elle contemple, est ce qu'on appelle la dévotion ; sentiment sérieux et recueilli qiii inspire à l'homme des résolutions magnanimes et le dispose aux actes les plus héroïques de la vertu. Quoique beaucoup moins puissante, l'émotion que produisent en nous les autres objets qui ont de la grandeur est .pourtant semblable à la dévotion par sa nature et par ses efTets ; elle rend l'âme sérieuse, elle l'élève au-dessus de son état accoutumé, elle la moule à l'enthousiasme, elle lui inspire le dévouement à ce qui est beau, et le mépris de ce qui est médiocre. »
L'éniution causée par le beau est d'une nature toute dilîérente ; « elle est vive et agréable 2; elle amollit et humanise les caractères les plus âpres; elle provoque les affections bienveillantes; elle adoucit les dispositions chagrines et haineuses; l'âme qui l'éprouve se sent plus légère ; elle dispose à l'amour, à la joie, à l'espérance. »
Reid s'arrête où s'était arrêté Burke ; il ne sonde point cette émotion sévère ou gracieuse que le sublime et le beau excitent dans l'âme. 11 n'a pas vu que le charme souvent mélancolique du sublime tient à ce qu'il nous ouvre des perspectives intinies; tandis que la beauté retient l'âme dans une sphère plus bornée ou ne lui inspire que des rêveries légères et harmonieuses 3.
Reid ne fait guère que résumer Burke dans l'analyse du sentiment du beau et du sublime, mais il le surpasse inliniment dans la détermination de la nature des objets sublimes et des objets beaux.
A celte question difficile : en quoi consiste la grandeur dans les objets? il répond « que la grandeur n'est autre chose qu'un di'-
i. Ibid , p. 265.