Ibid., p
ignorons comment la volonté met en mouvement les nerfs et les muscles; mais nous savons très-certainement qu'elle n'est pas seulement l'occasion , mais qu'elle est la cause des mouvements des nerfs et des muscles, alors même qu'entre ceux-ci et la volonté il y aurait mille et mille agents intermédiaires^ car il faudrait toujours que ces agents intermédiaires fussent mis en mouvement par la puissance causatrice de la volonté ; et il est fort extraordinaire d'appeler cause occasionnelle la cause première de toute la série des mouvements. « Entre * la volonté de produire l'effet et la production, il peut y avoir des agents ou des instruments dont nous n'ayons pas connaissance. » Qu'importe, si tous ces instruments, connus ou inconnus, dépendent réellement et certainement, bien que par une liaison dont nous n'avons pas le secret, de la puissance de la volonté ?
« Cette considération, dit Reid 2, peut laisser quelque doute sm' la question de savoir si, dans le sens rigoureux, nous sommes la cause productrice des mouvements volontaires de notre corps.»
Il élève le même doute, relativement à la puissance de la volonté sur la direction de nos pensées. « 3 Je ne vois aucune bonne raison qui puisse empêcher d'étendre au pouvoir de diriger nos pensées, tout aussi bien qu'au pouvoir de mouvoir notre corps, la dispute sur les causes efficientes et occasionnelles.... La* puissance que nous avons sur notre esprit et sur l'esprit des autres est enveloppée de ténèbres, non moins que la puissance de mouvoir notre corps et les corps étrangers. » Encore une fois, c'est le mode d'action de cette puissance qui est couvert de ténèbres; mais son action est incontestable , car c'est un fait.
« Jusqu'à 5 quel point sommes-nous des causes efficientes ou des causes occasionnelles, c'est ce que je ne prétends pas déterminer.»