‹ Philosophie écossaiseChapitre 162 sur 199 · T. VI, p · texte numérisé non relu

T. VI, p

•i. Jhid., p. 576-5

rapports, nous citerons encore ce passage de l'Essai IVe sur la liberté. (( < Jusqu'à quel point les animaux sont-ils libres, et jusqu'à quel point le sommes-nous nous-mêmes avant l'âge de raison? Quelle est la nature ou le degré de cette liberté? Ce sont des questions que je me sens incapable de résoudre. Ce qui me parait certain, c'est que les animaux n'ont point la faculté de se maîtriser ; celles de leurs actions qu'on peut appeler volontaires semblent invariablement déterminées par l'appétit ou la passion, l'affection ou l'habitude actuelle la plus puissante. Telle paraît être la loi de leur constitution. Us cèdent à cette loi comme les choses inanimées aux lois du monde physique, sans la connaître et sans vouloir lui obéir. » Combien de contradictions en quelques mots ! Reid pense que les actions des animaux sont invariablement déterminées par l'appétit ou l'habitude actuelle la plus puissante, que telle est leur loi, et qu'ils lui obéissent sans la connaître et sans vouloir lui obéir. Nous sommes entièrement de son avis, mais alors comment peut-il appeler leurs actions des actions volontaires, quand ces actions ont une loi que les animaux suivent sans la connaître et sans vouloir lui obéir? Voilà des actions volontaires sans connaissance, ce qui est contraire à l'opinion cent fois exposée de Reid, et des actions volontaires, dépourvues de vouloir, ce qui est aussi par trop extraordinaire. Lorsqu'on n'accorde aux animaux que des actions de ce genre, comment peut-on élever la question : Jusqu'à quel point les animaux sont-ils libres ? et déclarer qu'on se sent incapable de résoudre une telle question? Et cela, je vous prie, après avoir posé quelques lignes plus haut ce principe incontestable que « 2 la liberté suppose dans l'agent l'intelligence et la volonté. » Des êtres qui suivent leur loi sans la connaître et qui lui obéissent sans vouloir lui obéir, sont des agents dépourvus de volonté et d'intelligence, et par conséquent de liberté, selon Reid lui-même.

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