Ihii., p
5. Sur la distinction dn désir et de la volonté, voyez Premiers Essais, p. 179, Du Vrai, du Beau et du Bien, leçon xiie, p. 281, etc., Philosophie senscaliste, leçon me, sur Coudillac, p. 82, et Fragme.ms PHiLosoPHiaOES, Philosophie contemporaine^ Examen des leçons de M. Laromiguière.
« L'objet du désir, dit Reid, peut être une chose qu'un appétit, une passion, une affection nous porte à poursuivre; il peut être un événement que nous croyons heureux pour nous ou pour ceux à qui nous sommes attachés. Je puis avoir le désir d'un ahment, d'une boisson, d'un soulagement à mes peines; mais ce serait mal s'exprimer que de dire que j'ai la volonté d'un aliment, la volonté d'une boisson, la volonté d'un soulagement à mes peines. Il y a donc une distinction dans le langage ordinaire entre le désir et la volonté, et voici sur (juoi elle repose : Ce que nous voulons doit être une action, et une action qui nous soil propre ; tandis qu'il est possible que l'objet de notre désir non-seulement ne soit pas notre propre action, mais même ne soit pas une action du tout.
« Un homme désire que ses enfants soient heureux et qu'ils se comportent bien ; leur bonheur n'est nullement une action ; leur bonne conduite n'est pas son action, mais la leur.
« Pour ce qui regarde nos propres actions, nous pouvons désirer ce que nous ne voulons pas, et vouloir ce que nous ne désirons pas, même ce que nous avons en gi'ande aversion. In homme qui a soif désire vivement boire; mais, pour quelque raison qui lui est propre, il résout de ne pas satisfaire ce désir; un juge, par considération pour la 'justice ou le devoir de sa charge, condamne un criminel à mort, lorsque l'humanité ou une affection particulière lui fait désirer qu'il vive; on peut prendre, pour sa santé, une boisson amère pour laquelle on n"a point de désir, mais un grand dégoût. Ainsi le désir, même quand son objet est une action qui nous est propre, n'est qu'une excitation à vouloir, et non pas une volition; la détermination de l'esprit peut être de ne pas faire ce que nous désuons faire. Mais comme le désir est souvent accompagné de la volonté, nous sommes sujets à négliger la distinction qui les sépare. »
3^' 1 11 faut que la volition ait un objet que nous pensions être