‹ Philosophie écossaiseChapitre 166 sur 199 · l'iid., p · texte numérisé non relu

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i. T. V!, p. IS-..

« La liberté suppose dans l'agent l'intelligence et l;i volonté; car d'une part la liberté ne s'exerce que sur les déterminations de la volonté ; et, d'une autre part, il ne peut y avoir volonté sans le degré d'intelligence nécessaire pour concevoir ce que l'on veut. »

« Non-seulement la liberté d'un agent moral implique la conception de ce qu'il veut , elle implique de plus quelque degré de jugement pratique ou de raison; car s'il n'avait pas le jugement nécessaire pour apercevoir qu'une détermination est en elle-même et par ses conséquences préférable à une autre, quel us-ige pourrait-il faire du pouvoir de se déterminer? il se déterminerait dans les ténèbres, sans raison, sans motif, sans but; ses déterminations ne pourraient être ni vertueuses ni coupables, ni sages, ni insensées. »

Reid ne croit donc pas. que l'existence de motifs plus ou moins puissants porte la moindre atteinte à la liberté; et l'un des chapitres les meilleurs du quatrième Essai est incontestablement celui où il réfute en détail l'objection banale tirée de l'influence des motifs. Il distingue entre des motifs qui sollicitent et des forces qui contraignent. « J'accorde <- dit il, que tous les êtres raisonnables sont et doivent être soumis à l'influence de motifs, mais celte influence est d'une tout autre nature que celle des causes efficientes. Les motifs ne sont pas des causes... On peut les comparer à un avis, à une exhortation qui laissent à 1 homme qui les reçoit toute sa liberté. »

On dit que de plusieurs motifs opposés le plus fort prévaut toujours. Mais qu'entend-on par le motif le plus fort? Si c'est celui-là même qui l'emporte, on ne dit qu'une puérilité, on n'exprime qu'une proposition identique. Il faudrait donc posséder une mesure d'évaluation pour les divers motifs, qui déclarât celui-ci plus fort par lui-même et celui-ci plus faible, afin qu'on piit savoir si c'est en effet le plus fort que nous suivons toujours 2, « Les motifs contraires, dit ingénieusement Keid, peuvent se comparer

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