Ibid., p
DIXIEME LEÇON. - KEID 451
ni caprice, ni obstination? Si ces choses n'existent pas, il est étonnant qu'elles aient des noms dans toutes les langues. »
On a osé dire que la liberté de l'homme était un obstacle à tout gouvernement, à celui de Dieu et à celui des hommes. Mais de quel gouvernement veut- on parler? 11 y a deux gouvernements de nature très-ditlerente, l'un matériel et qui s'exerce sur les êtres purement passifs, l'autre moral sur les êtres doués d'activité et d'intelligence. Dans le système de la nécessité, il n'y a pas d'autre monde que le monde matériel, et le seul gouvernement d'un tel monde est purement mécanique. La doctrine de la liberté nous donne une tout autre idée du gouvernement de Dieu. Essai IV^, chap. o, Accord de la liberté et du gouvernement. « i L'union de la puissance et de la raison constitue la liberté morale qui assigne à l'homme le premier rang dans la création, à quelque faible degré qu'il la possède. Grâce à elle, il est autre chose qu'un simple instrument dans la main du maître, il est un serviteur dans le sens propre du mot, un serviteur à qui on a confié une tâche et qui est responsable de son accomplissement. Dans la sphère de son pouvoir, il gouverne, il exerce une autorité subalterne, ii est vrai, mais absolue dans ses limites, et, à ce titre, on peut dire qu'il est fait à l'image de Dieu. Mais comme cette autorité est déléguée, il est moralement obligé d'en faire un bon usage selon les lumières que Dieu lui a données à cet effet. Quand il en use bien, il a droit à l'approbation morale ; quand il en abuse, il mérite le blâme et le châtiment, et la raison nous dit que tôt ou tard il rendra compte au souverain maître, juge incorruptible du bien et du mal, des pouvoirs qui lui ont été confiés. Tel est le gouvernement moral de Dieu, et l'on voit que, loin d'être incompatible avec la liberté, il la suppose dans ceux qui y sont soumis et ne peut s'exercer là où elle n'est pas; car la responsabilité n'est pas moins inconciliable avec la nécessité que la lumière avec les ténèbres. »
Reid développe successivement les trois ai'guments en faveur