Ibid., p. 6S
3 Ibii., p. 684
affection existe chez les brutes; mon motif a été qu'eUe se manifeste dans les êtres les plus grossiers et les plus abrutis de notre espèce, dans ceux qui laissent à peine entrevoir quelque mdice de raison et de vertu. Je suis loin toutefois de contredue l'opinion des philosophes qui croiraient la profaner en lui donnant le nom de principe animal. »
Reid appelle principes rationnels d'action ceux qui ne peuvent se rencontrer que dans un être raisonnable et qui, dans tous les actes qu'ils déterminent, supposent le jugement ou la raison.
La théorie que Reid donne ici de la raison est d'une exactitude à laquelle Reid aurait dû toujours être fidèle. 11 déclare ' que la raison a le double office de régler notre croyance et de diriger nos actions. Partout où se rencontre un jugement quelconque, théorique ou pratique, là est un exercice de la raison. 11 faut donc appeler principes rationnels tous ceux qui impliquent un jugement. Le fondateur de l'école écossaise avait fait à la raison un rôle inférieur, celui de discerner les moyens qui nous peuvent condmre aune fin indiquée par d'autres facultés, par les diff-érents sens, physiques et moraux, dont nous sommes pourvus. Reid, le premier a assigné à la raison un rôle plus élevé, le pouvoir de nous révéler des buts qu'aucune autre faculté ne peut même soupçonner, et que la raison nous impose comme les buts suprêmes de la vie 'lb passage suivant semble emprunté à l'auteur de la Critique de la raison pratique, ce Parmi les divers buts des actions humaines, il en est que, sans la raison, nous ne pourrions même pas concevoir, et qui, en vertu des lois de notre constitution, deviennent, aussitôt qu'ils sont conçus, non pas seulement des principes d'action, mais des principes régulateurs et souverains, auxquels tous les principes animaux sont subordonnés et doivent obéir 2. « Ces buts que la raison seule peut nous faire concevoir sont au nombre de deux, l'intérêt bien entendu et le devoir. Reid les a