‹ Philosophie écossaiseChapitre 18 sur 199 · Voyez, pins bas. 1p^ leçons sur Reid · texte numérisé non relu

Voyez, pins bas. 1p^ leçons sur Reid

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lion. Il accepta, et, dans cette carrière nouvelle, il obtint les plus gi'ands succès, mais il en paya le prix. Son biographe nous apprend que de pieux personnages le dénoncèrent charitablement comme un dissident qui n'avait pas le droit de tenir une maison d'éducation, n'ayant pas souscrit les canons de l'Église anglicane ni obtenu l'autorisation nécessaire de l'autorité ecclésiastique. Heureusement il y avait un théologien philosophe sur le siège archiépiscopal de Dublin, le docteiu' King, l'auteur du livre de Origine moU, qui s'honora lui-même en défendant Hutcheson. Son mérite et ses opinions lui valurent d'illustres amitiés dans le parti attaché à la cause de la révolution. 11 se lia plus étroitement encore avec ce parti en épousant la fille d'un ancien capitaine qui s'était distingué au service du roi Guillaume.

C'est à Dublin qu'il composa les Recherches sur l'origine de nos idées de beauté et de vertu. Cet ouvrage parut anonyme en 1725. Son succès fut tel qu'il y en avait déjà en 1729 une troisième édition ^. En 1728 parut V Essai sur la nature et la conduite des passions et des affections, avec des éclaircissements sur le sens moral, par l'auteur des Recherches sur l'origine de nos idées de beauté et de vertu 2. Ces deux écrits sont étroitement liés ensemble et composent en quelque sorte un seul et même ouvrage. Presque en même temps Hutcheson inséra dans un recueil périodique de Dublin des Réflexions sur le ridicule, dans un tout autre esprit que celui de Hobbes, ainsi que des Remarques sur la fable des abeilles contre Mandreville 3. Un journal de Londres ayant publié des lettres signées Philarète, renfermant des objections à quelques parties de

1. C'est l'édition que nous avons sous les yeux : An Inquiry into the original of OUI- ideas of beanty and virlue^ etc. The Ihird édition corrected. London, 17-29. La dédicace est datée de Dublin, 1723. La préface qui aiipaitient à cette troisième édition rend compte des changements qu'elle renferme.

2. An Essay on the nature and conduct of the passions and affections, with illustrations on the moral sensé, by the autor of the Inquiry, etc. Nous possédons une édition de Londres, de 1750, sans désignation de seconde ni de troisième édition.

5. Recueillies plus tard : Reflections upon Laughter and Remarks on the fables of the Jiees. Glasgow, 1750.

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la doctrine des Recherches, il répondit à ces lettres dans le même journal, et il en résulta un débat intéressant auquel mit fin la mort de Philaréte ' .

Ces divers écrits portèrent au delà de l'Irlande la réputation d'Hutcheson. L'université de Glasgow, qui l'avait formé, le revendiqua et l'appela à la chaire de philosophie morale devenue vacante à la mort du savant éditeur de Puffendorf, Gerschom Carmichaël; c'est de là que date la philosophie en Ecosse. Jusque-là il n'avait paru en Ecosse ni un écrivain ni un professeur de philosophie un peu remarquable. C'est Hutcheson qui a produit tout ce qui s'est fait depuis. II avait apporté à Glasgow une belle renommée; il l'agrandit par ses cours et par ses nouveaux écrits.

Il se dévoua tout entier à ses fonctions et sacrifia la gloire au devoir. Il ne publia à Glasgow que des marmels latins à l'usage de ses auditeurs, un Abrégé de logique, une Esquisse 'Je métaphj/sique -, des Éléments de philosophie morale 3. Hutcheson a fait luimême de ce dernier manuel une traduction anglaise *. Il travaillait à une grande composition qui devait présenter son système entier de philosophie morale dans sa forme dernière. Elle a été publiée après sa mort par son fils, avec la biographie de M. Leechman '^. Ce n'est guère que le Manuel de philosuphie morale étendu

1. Leecliman nous dit que cette correspondance est de 172S. Hutcheson y fait allusion dans la préface de VEsmi sur les passions^ p. 20 de notre édition. Elle a été recueillie assez tard : Letters concerning ihe true foundation of virlue or moral Goodness. Glasgow. 1772.

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