Ibid., p
ment heureux que ceux qui gouvernent selon la loi, car alors ils trouvent dans la loi la justification de tous leurs actes ; et lors même qu'il se trouverait des mécontents, comme il y en aura toujours, le roi fût-il un ange descendu du ciel, de tels rois sont sûrs de raffection de la partie la plus considérable et la plus respectable de leurs peuples. »
Ces citations montrent assez le caractère noble et libéral de la politique de Beattie ; les suivantes vous feront voir qu'il n'était pas plus disposé que Reid' à confondre la liberté avec la licence, et à laisser s'introduire dans le cœiu* de son jeune auditou-e les doctrines anarchiques que le souffle de la révolution américaine et de la république française apportait de toutes pai'ts en Angleterre et même en Ecosse.
« Les considérations 2 précédemment exposées touchant l'inégalité naturelle des hommes sous le double rapport des talents et des caractères, semblent prouver que la république n'est ni une forme désirable ni une forme naturelle de gouvernement... Vers le milieu du dernier siècle, le parti républicain, en Angleterre, ou plutôt une faction dont le dessein était de niveler toutes les conditions dans la société politique, fit mourir le roi, abolit la pairie, et entreprit d'imposer à la nation une forme nouvelle, je ne sais si je dois dire de gouvernement ou d'anarchie. Mais une expérience de quelques années vint prouver que ce plan était absurde, soit à cause de l'impossibilité de la chose en elle-même, soit à cause des vues ambitieuses des chefs de la rébellion, lesquels, après qu'ils se furent emparés du pouvoir, ne voulurent plus revenir à l'égalité républicaine ; soit enfin à cause de l'étendue de l'empire qui s'opposait à ce qu'on recùeiUit les suffrages de la nation tout entière, et qui exposait le gouvernement au grave inconvénient de prendre pour majorité ce qui pouvait n'en offrir