‹ Philosophie écossaiseChapitre 193 sur 199 · Traduction française, p. li · texte numérisé non relu

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2. Principes de la srifnce morale et politique ^ \>Mie II, cliap. 2, sert. 3.

DOUZIÈME LEÇON. — FEKGLSON 509

tion d'Hutcheson, que la raison est sans efl'et sur la volonté, et qu'il n'y a qu'un principe sensible qui puisse déterminer la volonté au bien ou l'éloigner du mal. Quant au sens moral, si c'est, dit-il, une expression figurée désignant le pouvoir qu'a l'homme de distinguer le bien du mal, il peut sembler puéril de disputer sur les mots et de chercher une autre expression; mais si on entend par là un sens spécial, une faculté spéciale , c'est une hypothèse, et une hypothèse inutile, la distinction du bien et du mal pouvant fort bien s'expliquer sans cela.

Après avoir combattu ces divers systèmes exclusifs, Ferguson les réconcilie et les comprend tous dans sa propre classification. 11 admet avec Hobbes, en fait et en droit, l'intérêt personnel, et le fait entrer dans la morale sous le titre de loi de conservation de soi-même. 11 emprunte à Hutcheson l'idée de la bienveillance universelle, à Smith l'idée de la sympathie, et à ces deux principes réunis il donne le nom de loi de sociabilité. Mais il ne suffisait pas de faire voir que ces différents principes peuvent fort bien marcher ensemble en philosophie comme ils vont dans la vie humaine, dont la philosophie doit être fexpression tidèle; il fallait encore établir un principe qui leiu- commandât à l'un et à l'autre et duquel ils tinssent leur règle. La conservation de soi et la sociabilité elle-même sont les moyens plutôt que la fin de la destinée humaine. Au delà de ces buts secondaires est un but suprême auquel ils sont subordonnés , et ce but suprême, c'est la perfection. Si nous devons nous conserver nous-mêmes et veiller à nos intérêts, si nous devons aussi procurer le bien d'autrui, c'est que cela est commandé par le devoir de la perfection, soit celle de l'agent particulier, soit celle de l'humanité.

Le désir de la perfection est un fait naturel certain ; il n'est pas moins certain que ce désir parait à l'homme d'un ordre supérieur à tous ses autres désirs, et qu'ainsi il conslilue naturellement la loi la plus élevée. Laissons parler Ferguson. Institutions, 111'' partie, chap. 2, sect. 6 < : « On a prétendu qu'un des plus forts pen-

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