Trad. Iiaiiç., p. -2-21. 2. /hid., p
çaise, commencée sous de si heureux auspices et aux applaudissements du monde entier, eût franclii son objet légitime et pris la route des abîmes. Lorsque, on 1792, parurent les Principes de la science morale et politique, l'entiiousiasme général pour la liberté était bien reiroidi, et ses meilleurs amis découragés. Nous l'avons vu : Beattie, dans ses Éléments de la science morale, qui virent le jour, le premier volume en 1790, et le dernier en 1793, demeure libéral et constitutionnel ; mais irrité et intimidé du triomphe de la démagogie en France, il la combat avec vigueur, et défend la constitution de son pays, comme Reid le faisait de son côté à Glasgow *. Ferguson à Edinburgh, en 1792, se trouva dans une situation semblable et suivit la même conduite, qui fut celle de tous les honnêtes gens en Angleterre. Sa foi libérale ne fut pas ébranlée ; ie spectacle, qu'il avait vu de près de la sagesse américaine, au milieu des plus grandes difficultés, balança constamment dans son esprit le triste spectacle des excès où l'imprévoyance de nos pères, leur ignorance de leur histoire et de leur propre caractère, et la folle imitation de l'antiquité ou de l'étranger, les précipitaient. 11 conserva les principes de sa jeunesse, mais il s'appliqua à séparer la cause de la vraie liberté de celle de l'anarchie. Dans les Principes , il insiste sur la nécessité d'une définition précise de l'idée de la liberté, et pour arriver à bien établir quelle elle est il fait voir d'abord ce qu'elle n'est pas. Loin d'afîaiblir le gouvernement pour que la liberté soit plus forte, ce qui est la théorie révolutionnaire, il réclame un ;,oiiveinement fort dans l'intérêt même de la liberté; loin de confondre la vraie égalité avec l'égalité alors à la mode, il montre que la liberté est précisément le respect des inégalités nécessaires et légitimes, et il en vient jusqu'à admettre la justice de distinctions héréditaires et d'une aristocratie.
Principes T., 11, p., 447 : De la Liberté politique. « Il est un sens dans lequel le nom de la liberté excite la sympathie