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2. Sur cette ressemblance et cette dilïï'ience, voyez nos éciits. pnx.tim. et parlinilièiementnr Vru. pr Rfm' f.t nr liiKN, leçons \vi' et xvii'-.
DEUXIKME LEÇON. — HUTCHESON 55
OÙ tout est mêlé, tout est imparfait, où l'ombre est à côté de la lumière, tant de misères à côté de tant de grandeurs? Il faut donc unir la raison et revpérience, l'esprit et les sens, pour compléter et fortifier leurs témoignages l'un par l'autre, et, sur ce double fondement, nous élever à la meilleure connaissance de Dieu.
Hutcheson consacre plusieurs chapitres à l'exposition de tous les attributs de Dieu. 11 les déduit les uns des autres un peu géométriquement, comme l'avait fait Clarke^ et comme, en général , le font trop les métaphysiciens. Hutcheson eût été plus vrai et plus lumineux si, substituant une induction sul)lime et sûre à l'aveugle déduction, il se fût contenté de tirer les attributs de l'auteur du monde et de l'homme des attributs essentiels et certains de l'homme et du monde, en y ajoutant la perfection et l'infinité. 11 est fiicheux de réunir en soi les défauts contraires de deux méthodes opposées, de la théodicée rationnelle et de la théodicée expérimentale, de la hardiesse scholastique et de la circonspection moderne : il fallait au moins choisir.
Il nous est impossible aussi de ne pas admirer comment Hutcheson, après avoir déclaré la nature des êtres et des substances inaccessibles à notre esprit, entre résolument dans la nature de Dieu, et, à l'endroit de cet être, de cette substance qui n'est pas, ce semble, la plus facile de toutes à connaître, arrive à une connaissance intime et profonde qui aurait dû étonner \m peu l'humilité de sa philosophie. En principe, Hutcheson déclare que nous ne pouvons pénétrer la nature des choses; et dans l'application, il traite avec tant de détail des attributs, des vertus et des opérations de Dieu, qu'en vérité on se demande ce qu'après cela il reste de Dieu qui lui demeure inaccessible. Nous relevons cette contradiction dans Hutcheson, parce qu'elle a passé dans l'école écossaise. Au fond, cette école est dogmatique comme le sens commun et l'humanité, mais souvent elle met en avant sur les limites de la connaissance humaine des maximes d'une telle timidité que, si elle les suivait fidèlement, elle ne serait qu'une école empirique, condamnée au scepticisme sur tous les grands objets de la pensée.
56 PHII.OSOPHIK ÉCOSSAISE
Hutcheson fait un dénombrement très-considérable des attri- Imts de Dieu, indépendance et nécessité, unité, immatérialité, simplicité, immutabilité, immensité, éternité, infinité même, plus ou moins bien entendue, omniscience, omnipotence, etc. Mais savez-vous par où finit cette liste fort longue? par cet attribut, médiocrement en harmonie avec tout ce qui précède, l'incompréhensibilité.
D'après Hutcheson, nous savons certainement que Dieu existe, et même nous connaissons si bien ses attributs propres et naturels que nous les déduisons les ims des autres comme des équations algébriques ^ . Comment donc se fait-il maintenant qu'il nous soit incompréhensible? C'est, dit Hutcheson, qu'il est infini. Nous répondons que, pour Hutcheson, comme pour Locke, l'infini ne doit être qu'une augmentation des qualités du fini : dans ce cas il ne serait que le fini; il ne serait donc pas incompréhensible. Mais Hutcheson a plus raison qu'il ne devrait. Oui, Dieu est vraiment infini, et par là en eirel l'incompréhensibilité lui appartient ; mais il faut bien entendre dans quel sens et dans quelle mesure.
Disons d'abord que Dieu n'est point absolument incompréhensible, par cette raison manifeste qu'étant la cause de cet univers il s'y réfléchit, comme la cause dans l'elTet : par là, nous le connaissons. « Les cieux racontent sa gloire ^, » et, « depuis la création '^, ses vertus invisibles sont rendues visibles dans ses ouvrages; » sa puissance, dans les milliers de mondes semés dans les déserts animés de l'espace; son intelligence, dans leurs lois harmonieuses; enfin ce qu'il y a en lui de phis auguste, dans les sentiments de vertu, de sainteté et d'amour que contient le cœur de l'homme. Et il faut bien que Dieu ne nous soit point incompréhensible, puisque toutes les nations s'entretiennent de Dieu depuis le premier jour de la vie intellectuelle de l'humanité. Dieu donc, comme cause de l'univers, s'y révèle pour nous. Mais Dieu