‹ Philosophie écossaiseChapitre 29 sur 199 · I . Vovez la tlei nière leron de ce volame · texte numérisé non relu

I . Vovez la tlei nière leron de ce volame

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formé par elle au goût de la vraie beauté, et en même temps un noble cœur; il lui a suffi de consulter ses instincts et ses habitudes pour ne pas réduire la beauté à l'agrément et la vertu à l'intérêt. Aussi, déjà même dans sa Métaphysique met-il au premier rang des sens réfléchis le sens du beau et celui de l'honnête. Esquisse de métafhysique, ihid. « De tous les sens réfléchis, le premier est ce sens du beau et de l'honnête qui juge, comme du haut d'un tribunal, nos plaisirs, nos pensées, nos actions, nos voeux, nos desseins, nos sentiments, décidant souverainement de l'honnêteté, de la beauté, de la convenance, de la mesure en toutes choses... Le pouvoir qu'a l'àme de porter ces jugements est un pouvoir inné et désintéressé. On ne peut l'expliquer ni par la coutume et l'éducation, ni par les avantages que nous y trouvons; car souvent nons jugeons une action d'autant plus honnête qu'elle nous est plus dangereuse et plus nuisible... Le sens de l'honnête est accompagné de celui de l'honneur, qui nous fait nous réjouir de l'approbation des autres et nous affliger de leur blâme... Le ridicule est le contraire du beau et de l'honnête en choses de peu d'importance. » Mais ce ne sont là que des traits généraux. Hutcheson a consacré toute sa vie à leur développement , et c'est ce développement qu'il faut connaître pour bien connaître Hutcheson. Nous nous arrêterons beaucoup moins sur l'esthétique d'Hutcheson que sur sa morale , mais il ne nous est pas permis de la négliger. C'est l'honneur de l'école spiritualiste d'avoir fait une grande place à l'idée du beau comme à celle du bien. Platon se serait trahi lui-même en l'oubliant : elle occupe un rang élev dans sa pensée comme dans son génie et dans sa gloire. Fille de la scholastique, la philosophie moderne est demeurée longtemps étrangère aux grâces, et les Becherches d'Hutcheson présentent un des premiers traités sur le beau écrit par un moderne ^ . Elles ont paru en 172o. Cette date est presque celle de l'avènement de l'es-

I. Nous ne voyons guère avant les Recherches^ que l'ouvrage insipide cl ennuyeux de f-iouzas : Traite du Beau. Aiiisleidam, 17 12.

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thétique dans la philosophie européenne. L'ouvrage du père André, en France, est de 1741, celui de Baumgarten, en Allemagne, est de niiO. Ce n'est pas un petit honneui" à Hutcheson d'avoir le premier soumis l'idée du beau à une analyse méthodique et régulière, et à son exemple les philosophes écossais ont introduit l'esthétique dans leur enseignement et dans leurs écrits. Parmi les Essais de Reid sur les facultés de l'homme, le huitième est consacré au goûti. On connaît les écrits de Gérard sur Je Goût et sur le Gmie 2. la PInlosopfne de la rhétorique de Campbell 3, les traités de Beattie sur la poésie et la musique, sur le ridiciUe, etc. *, enfin l'Essai de M. IJugald Stewart sm- le beau 5. C'est Hutcheson qui leur a frayé la route; et il serait aussi contraire à l'histoire qu'à l'équité de ne pas tenir compte d'un travail qui a porté de pareils fruits. Nous emploierons donc la dernière partie de cette leçon à faire connaître l'esthétique d'Hutcheson, et nous en relèverons avec soin les mérites et les défauts, car les uns et les autres ont passé presque en entier dans ses successeurs.

On peut ranger dans l'ordre suivant toutes les idées répandues dans les huit chapitres dont se compose le Traité du beau qui forme la première pai'tie des Recherches :

1°, caractères de l'idée du beau; 11", origine de cette idée; m», éléments constitutifs de la beauté.

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