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yiATUlÊME LEÇON. — SMITH 1G9
un bienfait, si nous n'approuvons auparavant les motifs qui ont délerrainé le bienfaiteur, il s'ensuit que le sentiment que nous avons du mérite d'une action est un sentiment composé qui renfeime une sympathie directe pour les sentiments de la personne qui agit, et une sympathie indirecte pour la gratitude de la personne que l'action de l'autre oblige... Le sentiment du démérite d'une action est, comme celui de son mérite, un sentiment composé qui renferme une antipathie directe pour les motifs de celui qui agit, et une sympathie indirecte pour le ressentiment de celui sur lequel on agit. » Pai-t. Il,sect. {""f, chap. 5 <.
Lorsque nous jugeons le mérite ou le démérite de nos actes, et non plus ceux d'autrui, nous éprouvons de la joie ou du remords. Le remords, aux yeux de Smith, est le résultat tout à la fois d'une sorte de sympathie qui nous fait partager l'horreur que nous inspirons à tout le monde, d'un mouvement de pitié pour notre victime, et de la crainte des châtiments que nous réservent la personne offensée et la société. Les joies de la conscience comprennent d'abord une sympathie plus ou moins vive pour l'approbation du spectateur de notre action, puis le plaisir que nous sentons à voir un de nos semblables heureux par notre fait, enfin l'espoir de jouir de la reconnaissance de cet homme et de l'estime générale. Part. 11, sect. 2, chap. 2 '-.
Une des applications les plus ingénieuses et les plus vraies du principe de la sympathie est celle qui a conduit Smith à une classification nouvelle des vertus, en vertus aimables et en vertus respectables. Le plaisir de la sympathie est ^i vif, que, pour en jouir, on cherche à mettre ses sentiments à l'unisson de ceux d'autrui. Une personne \ivement émue se contient et descend, autant qu'il est en elle, à l'émotion sympathique naturellement plus faible du témoin ; et le témoin t.àche, en retour, d'élever son émotion jusqu'à celle de la personne intéressée. Part. I, sect. f'", chap. o 3 :