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Celte philosophie recommande à peu près toutes les vertus et repousse tous les vices que recommandent et repoussent Platon, Aristote et Zenon; mais elle le fait au nom de rintérèt, au nom du plus grand boidiour qui, selon Lpicure, consiste dans la tranquillité de l'esprit cl de l'àme et dans la santé du corps. Or il est bien ccitain que la vertu est encore le meilleur moyen connu pour arriver au bonheui", même dans les limites de ce monde. Épicure a donc raison qvai<d il célèbre la modération autant qu' Aristote, la tempérance autant que Zenon, et les quatre vertus appelées caidinales autant que l'auleiir de la RqmbJviue ; son toit est de les lecommander pour le bonheur seul qu'elles nous piocnrent. Sniilh caractérise fort bien la diiïérence du système d'Kpicure et de ceux de ses devanciers. « La vertu, selon Épicure, ne mérite pas qu'on la recherche pour elle-même : elle n'est point im des piemieis objets dv. nos désirs naturels, et on ne doit l'embrasser que dans l'inti nlion de nous procurer du plaisir et de prévenir la douleur. Zenon, Aristote et Platon la trouvent désirable, nonseulement conmie moyen de nous procurer les objets de nos premiers désii's, mais comme quelque chose de plus estimable que ces objets '. « Smith reproche à Épicure de n'avoir pas tenu compte de la sympathie. « Il est étonnant, dit-il, qu'un philosophe auquel on attribue une grande délicatesse de goût et de mœiu's, n'ait jamais observé que, quels que puissent être les eflèls des différentes vertus et des vices contraires, uous sommes beaucoup moins occupés de ces elTets que des sentiments que ces vices et ces vertus inspirent aux autres : qu'être aimable, respectable, digne d'estime, parait plus important à un esprit bien dispose que toute la paix et que tous les avantages résultant du rcspeci, de l'affection et de l'estime; qu'au contraire, être odieux, méprisable, haï, paraît plus à craindie que tous les elTets, même corporels, de lahaine, de rindignalioii et du mépris ; et qu'enfin, notre amour pour la vertu et notre horreiu" pour le vice ne viennent