Ibid.,c\\. IV, p
ô. Traduction de rat)bo Rhnet, i. Il, p. 244.
CINoriÈME LEÇON. — SMITH 199
leur Mandeville, ont répandu sur leurs doctrines un air de vérité et de probabilité qui est fort piopre à en imposer à ceux qui ne sont pas sur leurs gaide?. »
Mandeville, le plus méthodique des deux, ramène le motif de toutes nos actions à un seul, l'intéiêt, et il explique par la vanité celles qui ont un meilleiu' air. Sa conclusion est qiie la société ne subsiste et ne fleurit que par les passions et par les vices, Smith établit, comme nous l'avons fait nous -même plusieurs fois *, que le système de Mandeville est une révolte, légitime en une certaine mesure, mais poussée au delà de toutes les bornes, contre les doctrines ascétiques qui plaçaient la vertu dans l'entière destruclion de toutes les passions considérées comme autant de vices. « 11 était facile au docteur Mandeville, dit Smilh 2, de prouver : l*^ que cette victoire absolue sur les passions ne peut jamais avoir lieu parmi les hommes ; 2" que, si elle avait lieu, elle serait funeste à la société, puisqu'elle ruinerait l'industrie et le commcice, et, en ce sens, toutes les occupations de la vie humaine. Mais il ne s'est servi de la première de ces propositions que pour prouver qu'il n'y a point de vertus réelles, et que ce qui passe pour vertu n'est qu'une chimère qui trompe les hommes, et il n'a employé la seconde que pour établir que les vices privés
sont avantageux au public Système qui, sans donner lieu à
des vices nouveaux, a fait que ceux qui existaient déjà par d'autres causes se sont montrés avec plus d'effronterie, et ont avoué la cori-uption de leurs motifs avec une impudence jusqu'alors sans exemple. Mais quelque dangereux que soit ce système, il n'aurait jamais séduit un si grand nombre de personnes, ni occasionné une alarme si générale parmi les amis des vrais principes, s'il n'avait eu quelque apparence de vérité. »
11 était impossible que Smith n'aperçût pas que le principe de Mandeville, la vanité, tient de bien près à l'amour de la gloire, au
1. Du Vrai, du Beac et dcBiex, leçon xm, de la morale de l'iiUe'rêl.